LES TRAVAUX ONT ACCOUCHE D’UNE FEUILLE DE ROUTE

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SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETATS ET DE GOUVERNEMENTS DE LA CEDEAO SUR LA GUINEE-BISSAU :

Lomé, le 17 avr. (ATOP) – Une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la crise politique et institutionnelle en Guinée-Bissau, s’est tenue le samedi 14 avril à Lomé. Les travaux de la Conférence ont abouti à un communiqué final lu par le ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine, Robert Dussey.

Selon les termes de ce communiqué final, le président de la République de Guinée-Bissau, Mario Vaz a informé la Conférence qu’après consultation avec les forces politiques et la société civile de son pays, ils sont arrivés à la prise de décision portant  nomination de M. Aristide Gomez comme Premier ministre de consensus. Cette nomination sera prise, a-t-il dit,  par décret présidentiel le mardi 17 avril 2018 à Bissau. Il a aussi annoncé la tenue des élections législatives le 18 novembre 2018. En outre, la Conférence a pris note de ce que l’ensemble des acteurs politiques a également décidé de l’ouverture du parlement le jeudi 19 avril 2018 pour statuer, notamment sur les points liés à la nomination des membres de la Commission électorale et  la prorogation de la législature. La Conférence a pris note de ces décisions et de ces dates qui feront partie de la feuille de route. Elle a félicité le président Mario Vaz et a appelé l’ensemble des acteurs à travailler pour ramener la stabilité en Guinée-Bissau.

La Conférence a invité le comité de suivi composé du président de la République de Guinée, médiateur ; du président de la République togolaise, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements et du président de la Commission de CEDEAO  à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre de cette feuille de route. Le sommet a entériné la prorogation du mandat de la mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau jusqu’au 30 juin 2018 et a exhorté les forces de défense et de sécurité bissau-guinéennes à contribuer à assurer la paix et la sécurité dans tout le pays. Le sommet a salué la prorogation par le Conseil de sécurité des Nations Unies du mandat du bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée- Bissau.

  • Au titre de la situation sociopolitique au Togo

La Conférence salue les initiatives et les efforts du président Nana Akufo- Addo, en vue de la résolution pacifique des tensions socio-politiques auxquelles le Togo est confronté depuis août 2017. Elle invite instamment tous les partis politiques et la société civile togolaise à s’abstenir de tout acte de violence et tout agissement susceptible de constituer une menace à la paix et à la stabilité du Togo et de la région. La Conférence désigne les chefs d’Etats ghanéen, Nana Akufo-Addo et  le Professeur Alpha Condé facilitateurs de la CEDEAO. Elle leur exprime sa confiance et son soutien et les encourage à intensifier leurs efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles, dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et de l’Etat de droit. Elle instruit la Commission de prendre toutes les dispositions pour apporter son appui aux présidents ghanéen et guinéen et de proposer des recommandations qui seront soumises au prochain sommet de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements.

  • Au titre de la lutte contre le terrorisme

La Conférence réitère sa condamnation des attaques terroristes dans la région et exprime sa solidarité aux pays affectés. Elle affirme sa détermination à lutter sans relâche contre le terrorisme et l’extrémisme violent. A cet effet, la Conférence décide d’apporter tout son soutien à la force conjointe du G5 Sahel et à la force multinationale mixte du Tchad.

Le président togolais et président en exercice de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO Faure Gnassingbé, a indiqué qu’au cours du premier trimestre de cette année, la vie de la CEDEAO a enregistré des avancées heureuses. Il a pour exemple cité la situation politique en Sierra Léone marquée par la tenue des élections générales démocratiques, avec la victoire de M. Julius Maada Bio, puis salué le rôle joué par la mission de la CEDEAO dans ce pays. Concernant la Guinée-Bissau, le président Gnassingbé a jugé impérieux de trouver une solution durable à la crise politique que connaît ce pays. Aussi, a- t-il sollicité le ferme engagement de ses pairs dans ce processus. «Il importe donc, que le fil de dialogue soit maintenu en Guinée – Bissau et avec la Guinée-Bissau », a-t-il confié. «L’histoire de nos sociétés nous enseigne que la culture de la paix n’a que des avantages. Elle seule permet aux hommes de grandir et de prospérer et aux communautés de s’établir durablement et de rayonner», a ajouté le chef de l’Etat togolais, fustigeant ainsi le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou a aussi souligné la nécessité de résoudre la crise en Guinée-Bissau, qu’il a qualifié de «situation préoccupante», invitant les chefs d’Etats ouest-africains à une coopération régionale.

Abondant dans le même sens, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Guinée-Bissau, Modibo Ibrahim Touré a réitéré le ferme engagement des Nations Unies et leur totale responsabilité à continuer de promouvoir un retour rapide de la stabilité politique et institutionnelle ; préalable indispensable à tout développement économique et progrès social, a-t-il laissé entendre.

Une motion des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO, remerciant le président  Gnassingbé pour son accueil chaleureux, a mis fin à la session. La motion a été lue par le dirigeant libérien Georges Weah.

ATOP/JV/SAS

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