
Lomé, 23 oct. (ATOP) – « Les transitions politiques doivent être guidées par les objectifs principaux de renforcement de la gouvernance démocratique », indique la déclaration de la 1ère édition de « Lome Peace and Security Forum (LPSF). Cette déclaration, lue le dimanche 22 octobre à Lomé, sanctionne les travaux de ces assises ouvertes officiellement le samedi 21 octobre par le Premier ministre du Togo, Mme Victoire Tomégah-Dogbé.
Un autre objectif principal dont les transitions doivent être menés est la consolidation de la résilience de l’État, des institutions, et de l’Etat de droit. Cette consolidation doit être faite poursuit la déclaration, « dans un environnement caractérisé par l’émergence de nouveaux défis sécuritaires et la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement où il est indispensable de valoriser les expertises africaines dans la recherche de solutions aux problèmes africains ».
Les parties prenantes invitent, entre autres, les gouvernements des pays en transition à orienter résolument leurs actions et la conduite des processus vers la consolidation de la gouvernance démocratique et à rendre les transitions politiques plus inclusives et participatives. La recommandation prône la mise en place d’un cadre constitutionnel garant de l’équilibre des pouvoirs et des libertés fondamentales, respectueux des droits de l’homme et promoteur d’une société plus équitable et du bien-être des citoyens.
S’agissant du renforcement de la résilience des Etats, des institutions et de l’Etat de droit dans un contexte d’extrémisme violent et de terrorisme, les participants réitèrent le principe de tolérance zéro de l’Union Africaine à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, comme l’indique la Déclaration de Lomé de juillet 2000. Ils encouragent les gouvernants à bâtir en Afrique des « architectures étatiques et institutionnelles solides et fortes capables de résister aux chocs endogènes et exogènes ».
L’accompagnement des transitions politiques aux plans sous-régional, régional et international a également préoccupé les délégués. Ils appellent notamment ces organisations à la mise à jour de leurs actions de suivi et d’accompagnement des transitions politiques, au renforcement des dispositifs de monitoring des situations et à créer des centres d’intelligence et de réflexions stratégiques et géostratégiques pour soutenir leurs processus décisionnels. « Les organisations sous-régionales, régionales et internationales doivent renforcer leur rôle de médiation et faciliter le dialogue et la compréhension mutuelle entre les parties prenantes ainsi que de rechercher les compromis nécessaires pour parvenir à des transitions pacifiques et constructives », mentionne la déclaration.
Les différentes délégations encouragent les élites africaines à développer des solutions adaptées aux besoins spécifiques de l’Afrique dans les domaines tels que l’économie, les infrastructures, de l’innovation, la politique, la prévention, la gestion et du règlement des conflits. Elles demandent au Togo, pays initiateur de ce forum, de travailler en collaboration avec les autres Etats, les acteurs sous-régionaux, régionaux et internationaux, à la mise en œuvre des recommandations « pertinentes » des assises de Lomé.
Clôturant les travaux, le ministre en charge des Affaires étrangères du Togo, Prof. Robert Dussey en présence du directeur du département Paix et Sécurité de la Communauté des Etats sahélo-sahélienne, Dr Souley Hassane, a convié les Africains à avoir un rapport fraternel envers les pays et les peuples en détresse et en quête d’une issue salvatrice. Il rassuré de la détermination du gouvernement togolais, celle de continuer à travailler pour la paix dans la région et sur le continent.
Sur le bilan des travaux, le président du LPSF, Abdisaid Muse Ali, ancien ministre des Affaires étrangères de la Somalie a indiqué que l’Afrique doit forger et focaliser ses ressources en contribuant à son développement. Il a félicité le Togo pour son leadership dans l’organisation de cette activité.
Cette 1ère édition du LPSF est axée sur le thème « comment renforcer les transitions politiques vers une gouvernance démocratique en Afrique ? ». Ce forum a été un cadre africain d’échanges, de discussions et de partage d’expériences sur la paix, la sécurité et l’avenir de l’Afrique. Il a regroupé des représentants des gouvernements africains et d’ailleurs, des diplomates, des acteurs de la sécurité, des experts internationaux et chercheurs de haut niveau sur les questions de paix et de sécurité. Des acteurs de la société civile, des médias, des organisations régionales et internationales, du monde des affaires et des organisations des jeunes et des femmes y ont également participé.
Plusieurs panels de discussion étaient au programme de ce forum. Ils ont porté, notamment sur des thématiques telles que « Facteurs de fragilité des institutions étatiques en Afrique » ; « Défis politiques et sécuritaires qui entravent la transition politique vers une gouvernance démocratique » ; et « Bâtir des institutions fortes et l’Etat de droit en Afrique ».
Les travaux de ce forum ont démarré le vendredi 20 octobre par une session ministérielle qui a regroupé les ministres de plusieurs pays et les experts.
ATOP/BV/AJA






