
Lomé, 8 juil. (ATOP) – Des responsables de conformité, d’audit et de risque ainsi que des experts du monde financier et juridique de la sous-région et d’Europe planchent sur les défis liés à la lutte contre le blanchiment de capitaux les 8 et 9 juillet à Lomé. L’activité se situe dans le cadre de la 2ᵉ édition de la Grande rencontre des compliance et risk officers au Togo (GRCROT).
Cette 2ᵉ édition est à l’actif de l’Afrika compliance academy (ACA) à travers l’Association togolaise de la conformité (ATCO). Elle bénéficie de la collaboration de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) et de la Cellule nationale de traitement des informations financières du Togo (CENTIF-TG).
La grande rencontre de Lomé est placée sous le thème : « La conformité, le risque et l’audit : les garanties d’un système financier résilient face au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme en Afrique ». Elle réunit plus de 600 acteurs de 42 nationalités. Ce rendez-vous se veut un cadre de partage des solutions adaptées aux réalités ouest-africaines en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Il vise également à renforcer la résilience des économies face aux menaces transfrontalières liées aux Flux financiers illicites (FFI).
Des panels sur « les Etats à l’épreuve de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) » ; « la conformité et les sujets émergents » ; « l’établissement d’une cartographie de risques » ; « les signaux d’alerte pour le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme » meubleront ces assises. Des recommandations seront formulées pour une lutte efficace contre ces fléaux.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Essowè Georges Barcola a souligné que les activités financières illicites sont un problème mondial et préjudiciable aux pays en développement. « La Banque africaine de développement (BAD) indique que les pertes annuelles du continent liées aux FFI sont passées de 50 milliards de dollars par an en 2020 à 90 milliards en 2025, soit l’équivalent de 3,7% du PIB africain. Ce montant équivaut au total des investissements étrangers et de l’Aide au développement reçus chaque année par nos pays », a rappelé le ministre. Il a invité les acteurs à converger leurs efforts pour pouvoir freiner les activités malveillantes de ces malfaiteurs dans une synergie d’action continue.
Le président de la HAPLUCIA, Kimélabalou Aba et celui de la CENTIF, Tchaa-Pignossi Aquitème, ont relevé la nécessité pour les responsables de la conformité de jouer leur rôle stratégique dans la prévention, la détection des dérapages en vue d’éradiquer ces fléaux. Ils proposent la vigilance et l’interaction de tous les acteurs avec les dispositifs de lutte contre le blanchiment pour un pari gagné.
Selon le président de l’ATCO, Me Nikada Batchoudi, la GRCROT doit être prise au sens large du GAFI. Au sein de GAFI, explique-t-il, ce sont les acteurs qui doivent impérativement mettre en œuvre des dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Me Batchoudi a ajouté que les acteurs s’assurent de l’entrée licite des fonds dans le système financier et de leur bonne destination afin que les fonds qui sortent ne financent pas le terrorisme. Le président de l’ATCO a dit aussi qu’ils analysent les transactions, évaluent les risques et font des déclarations des opérations et activités suspectes aux services de renseignement financiers.
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