
Lomé, 13 mai (ATOP) – Une table ronde sur le rôle du parlement dans la viabilité et la supervision de la dette publique en Afrique a été organisée au deuxième jour de la conférence de l’UA sur la dette, le mardi 13 mai à Lomé.
Cette rencontre est animée par des députés, notamment, Semodji Mawussi Djossou du Togo, Traoré Issouf de la Côte d’Ivoire, Botoman Mark Lazarous du Malawi, Abena Osei-Asaré du Ghana, et Gérard Gbénonchi du Bénin. Ils se sont prononcés sur la « Supervision législative et responsabilité en matière de dette publique : le rôle du parlement dans la viabilité de la dette en Afrique ». Les discussions ont porté sur les exigences, les déclencheurs, les obstacles ainsi que sur les expériences concrètes d’implication parlementaire dans le contrôle de la dette, autant d’éléments directement liés à la viabilité de la dette sur le continent.
Les panelistes ont échangé sur le rôle constitutionnel des parlements dans l’élaboration de cadres juridiques sains pour la gestion de la dette publique, l’approbation des budgets et la promotion de l’équilibre des pouvoirs au sein des gouvernements. Pour eux, faire de ces institutions des acteurs centraux, visent à prévenir les pratiques opaques en matière de gestion de la dette et à garantir une gestion responsable et durable de celle-ci en Afrique.
Les représentants des peuples ont souligné que ces dernières années, l’accent a été fortement mis sur la transparence et les bonnes pratiques du côté des gouvernements en matière de gestion de la dette. Ils déplorent que peu d’attention a été accordée au rôle des parlements en matière de supervision et de reddition des comptes. Cet état de cause, précisent les panélistes, peut aisément conduire à une crise de la dette intérieure s’il n’est ni contrôlé, ni suivi, ni encadré par le parlement. Ainsi s’accordent-ils que les parlements occupent une position clé dans le processus d’approbation et de suivi de la dette publique.
Les débateurs ont expliqué que pourtant, jusqu’à récemment, peu d’attention a été portée aux rôles, capacités, ou aux interactions des parlementaires avec les autres parties prenantes.
“Notre rôle en tant que parlement doit, au-delà de surveiller la viabilité de la dette, c’est de voir à la base quels sont les projets que la dette sert à financer, de voir dans quelle mesure ces projets ont un impact significatif sur la production, la population, et sur la réduction de la pauvreté de la population”, a soutenu le député togolais, Semodji Mawussi Djossou. Il a mis l’accent sur l’analyse des portefeuilles de projets à la base et la nécessité de voir si ce que le gouvernement décide de faire répond effectivement aux besoins de la population.
Le député béninois Gbénonchi a souhaité qu’il faut aussi créer des plateformes citoyennes pour impliquer les citoyens dans le suivi d’impositions comme l’initiative “Open Debt” au Ghana, la loi sur la gestion de la dette publique au Sénégal et au Kenya. “Pour éviter des dettes improductives, les parlements africains doivent, voter des lois concrètes sur les études d’impact, se doter d’expertise via les unités techniques dédiées et ouvrir le débat public pour une redevabilité permanente”, a-t-il recommandé. La dette, comme ça a été dit et répété ici, n’est pas un mal en soi, mais elle doit être un levier de souveraineté et de transformation structurelle, a-t-il conclu.
ATOP/DHK/KYA






