
Lomé, 18 mai (ATOP) – Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a officiellement ouvert, le lundi 18 mai à Lomé, la troisième édition du Forum Biashara Afrika 2026, placée sous le signe de la dynamisation du commerce intra-africain et de la construction des partenariats économiques de demain. Cette rencontre d’affaires continentale s’articule autour du thème « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf ».
Ce forum continental, qui prend fin le 20 mai, est organisé par le Secrétariat de Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le gouvernement de la République du Togo. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif est de promouvoir les investissements, créer des opportunités commerciales, renforcer les chaînes de valeur régionales et contribuer à l’élimination des obstacles persistants au commerce intra-africain.

Le Forum Biashara Afrika, dont le nom signifie « commerce » en swahili, se veut une plateforme d’échanges et de mise en relation destinée à accélérer la transformation économique du continent. Il s’agit de promouvoir les échanges entre les pays africains et renforcer les opportunités de collaboration entre les acteurs économiques, dans le cadre de la mise en œuvre de la ZLECAf. Cette troisième édition marque une étape importante dans la concrétisation des ambitions de la ZLECAf. Elle doit permettre de rapprocher les acteurs publics et privés autour d’une même vision : bâtir un marché africain intégré, dynamique et résilient. En réduisant les barrières douanières et en harmonisant les règles commerciales, la ZLECAf permet aux entreprises africaines de collaborer davantage, de conquérir de nouveaux marchés et de créer plus d’emplois.
Accélérer l’intégration de l’Afrique pour renforcer sa résilience économique
Barrières non-tarifaires, déficits d’infrastructures, fragmentation des chaînes de valeurs, accès limité au financement du commerce ou encore faible implication des Petites et moyennes entreprises (PME). Voilà autant de contraintes qui freinent encore l’essor des échanges africains, lesquels plafonnent autour de 15 % des exportations du continent. Dans un contexte mondial marqué par la recomposition des chaînes d’approvisionnement, la montée du protectionnisme et les incertitudes géopolitiques, l’Afrique est appelée à accélérer son intégration pour renforcer sa résilience économique. Pour traduire ces ambitions en actions, le forum s’articule autour de mécanismes innovants et opérationnels. Il sera meublé entre autres des activités comme : le Deal Room, plateforme dédiée à la conclusion d’accords d’investissement, des tables rondes, rencontres B2B, masterclasses et expositions.
Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a affirmé que la ZLECAf est désormais une nécessité historique pour l’Afrique. Il a structuré son intervention autour de quatre idées : transformer l’ambition politique en résultats concrets, faire de la ZLECAf un instrument de souveraineté économique, bâtir des chaînes de valeur régionales avec un secteur privé africain fort, et garantir des retombées pour les jeunes, les femmes et les PME. « La Zone de libre-échange continentale africaine n’est plus une aspiration lointaine, mais une nécessité historique. Elle doit permettre à l’Afrique de produire davantage localement, de renforcer sa capacité industrielle et de bâtir des chaînes de valeur régionales compétitives, afin que les jeunes, les femmes et les Petites et moyennes entreprises (PME) bénéficient concrètement des opportunités du commerce intra-africain », a-t-il déclaré.

L’ancien président du Niger et champion de la ZLECAf, Mahamadou Issoufou, a souligné que la jeunesse africaine constitue le principal levier pour accélérer la croissance économique du continent. Il a appelé à la structuration de chaînes de valeur régionales à forte valeur ajoutée, citant en particulier les filières cacao et coton. Selon lui, la transformation locale de ces produits permettra de créer des emplois, de stimuler l’industrialisation et de renforcer l’intégration économique de l’Afrique dans le cadre de la ZLECAf.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a indiqué que le commerce entre les pays africains augmente de 12,4 % pour atteindre 220,3 milliards de dollars américains, après une contraction de 5,9 % en 2023, selon le rapport 2025 d’Afreximbank. Il a souligné que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) est essentiel pour faciliter les transactions en monnaies locales, réduire les coûts et concrétiser les bénéfices de la ZLECAf malgré les défis économiques persistants.
Le ministre de l’Economie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a fait savoir que la ZLECAf offre à l’Afrique l’opportunité de bâtir un marché unique, d’attirer les investissements et de renforcer la compétitivité des économies du continent. « Pour mieux valoriser son appartenance à cet espace commercial, le Togo ambitionne de se transformer grâce à un tissu industriel moderne et compétitif, au développement d’industries extractives et de transformation, ainsi qu’à la consolidation de sa position de hub logistique, de services et de porte d’entrée de la sous-région ouest-africaine », a-t-il mentionné.
La mise en œuvre de cette Zone permet à l’Afrique de s’engager dans la construction du plus grand marché intégré du monde, regroupant plus de 1,3 milliard de consommateurs et représentant un produit intérieur brut combiné de plus de 3 400 milliards de dollars.
ATOP/AO/KYA






