
Lomé, 11 déc. (ATOP) – Au 3ème jour du 9ème congrès panafricain, le mercredi 10 décembre à Lomé, un panel a porté sur le thème « Santé et Sécurité alimentaire : une approche panafricaine pour agir ensemble ». Il recommande prioritairement la prise en compte des choix communautaires dans les décisions politiques pour une souveraineté alimentaire sur le continent.
Ce panel, animé par plusieurs intervenants dont M. Mamadou Goita, Dr Marsha Martin et M. Sylvain Faye, a permis d’éclairer l’assistance sur les enjeux de la santé et de la sécurité alimentaire ainsi que sur les priorités de cette thématique. Ils ont également édifié les participants sur les systèmes de santé publics en Afrique et leur résilience et montré comment à partir de l’autosuffisance alimentaire, on peut arriver à la souveraineté sanitaire et alimentaire.
Selon les panélistes, on parle de souveraineté alimentaire lorsqu’un peuple a le droit de décider démocratiquement de son système alimentaire afin d’arriver à la nourriture saine qui est culturellement adaptée à son contexte. « Quand on parle de culturellement adapté, il y a la nourriture elle-même, et tout le système ou le processus de production de cette nourriture-là », a indiqué M Goita. Par rapport à cette question de souveraineté alimentaire, a-t-il poursuivi, il y a des enjeux fondamentaux, entre autres, la souveraineté nutritionnelle du continent en termes de dépendance à la production « parce qu’on n’a pas accès aux intrants, aux semences, puisque tout vient de l’extérieur ». Il a mentionné que des enjeux économiques, sociaux, environnementaux, scientifiques, et politiques ainsi que des enjeux en termes de modèle de l’agriculture, de prévention, du bien-être et de changement climatique impactent énormément cette souveraineté.
Les panélistes ont aussi abordé les défis des systèmes de santé (moderne et traditionnel) et la forte insécurité alimentaire du continent, le VIH/Sida.
Comme recommandations, les intervenants ont estimé de revoir le type d’investissement et le développement des réserves sécuritaires et alimentaires afin d’anticiper les crises, et de réorganiser les marchés de céréales pour rompre avec la méthode imposée dans les projets et programmes inventés pour l’Afrique. Ils soutiennent également le renforcement des capacités, la sécurisation des infrastructures, la formation des ressources humaines et préconisent l’accès universel aux soins des populations ainsi que la prise en compte de la médecine africaine et le renforcement des systèmes d’alerte précoce dans le continent.
« Nous devons produire nos richesses, maitriser les données de santé, valoriser nos savoirs. Souvent, on pense que la nutrition est liée à l’alimentation alors que du point de vue africain, c’est l’ensemble des pratiques culturelle, économique, sociale et environnementale qui déterminent ce que les populations mangent. La malnutrition, c’est le symptôme du choix des gouvernements. Donc, il est important pour nous, de rompre avec le modèle importé et de redéfinir les bases des soins de santé, et réorienter les données pour renforcer l’autonomisation alimentaire et sécuritaire », a relevé M. Faye.
ATOP/DHK/KYA






