
Lomé, 6 mars (ATOP) – Les députés de la première législature de la Vè République ont adopté à une large majorité, le jeudi 6 mars à Lomé, la loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire de 12 mois dans les Savanes à compter du 13 mars prochain. C’était lors de la 2è séance plénière de la 1ere session extraordinaire de l’Assemblée nationale.
Le président de l’Assemblée nationale, Kodjo Sevon-Tépé Adédzé a dirigé les travaux en présence des commissaires du gouvernement, notamment le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement du territoire, Col. Hodabalo Awaté; le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la citoyenneté et des Relations avec les institutions de la République, Me Pacôme Adjourouvi et du ministre délégué auprès du ministre de la Sécurité et de Protection civile, Mohamed Ouro-Sama.
Ce projet de loi autorisant cette prorogation vise à lutter efficacement contre les attaques djihadistes et les atteintes graves à l’intégrité du territoire national enregistrées dans la région des Savanes.
Le président Adédzé a indiqué que cette décision, prise en toute responsabilité, vise avant tout à garantir la sécurité des populations de cette région, confrontées à une menace persistante liée au terrorisme et à l’insécurité transfrontalière. Face à ces défis majeurs, dit-il, « notre devoir est d’offrir à nos forces de défense et de sécurité tous les moyens légaux nécessaires pour assurer efficacement la protection de nos concitoyens et préserver l’intégrité de notre territoire national ». Il a relevé que la prorogation de cet état d’urgence sécuritaire, pour une année supplémentaire ne doit pas être perçue comme une finalité, mais comme un levier essentiel pour consolider les mesures sécuritaires déjà mises en place depuis 2022 par le chef de l’Etat.
« Cette prorogation va permettre également d’intensifier les efforts de prévention et pérenniser les acquis sur le terrain. C’est dans cette perspective que nous exhortons le gouvernement à maintenir et renforcer les initiatives en faveur du développement socio-économique de la région des Savanes. En effet, comme nous le savons, une sécurité durable est tributaire des actions systémiques de lutte contre l’extrême pauvreté, l’exclusion sociale et les inégalités », a indiqué le président de l’Assemblée nationale.
Le Col. Hodabalo Awaté a relevé que le but visé par les groupes armés terroristes est de désorganiser les systèmes étatiques, d’instaurer par la violence une gêne favorable à tout le trafic, surtout avoir accès à la mer pour faciliter tout le trafic et l’exploitation des richesses de l’Etat. Pour lui, l’objectif des groupes armés « ce n’est pas la région des Savanes seule, c’est tout le pays, et la mer. Cette lutte se mène avec tous les systèmes de défense, donc il y a la surveillance du territoire », a dit le ministre Awaté. Il a remercié des députés pour ce vote qui va permettre d’instaurer la paix et la sécurité dans le nord du pays.
« Par ce vote, vous venez de donner au gouvernement un instrument juridique en l’autorisant de proroger l’état d’urgence sécuritaire afin de maintenir la vigilance des populations, mettre les forces de défense et de sécurité dans les meilleures dispositions et d’adapter la lutte suivant l’évolution de la situation », a souligné le ministre. Il a aussi indiqué que cette loi va permettre au gouvernement de prendre les mesures indispensables visant à mettre hors d’état de nuire les groupes terroristes qui mènent aujourd’hui une guerre asymétrique et de protéger les populations concernées ainsi que leurs biens.
Le Col. Calixte Batossie Madjoulba a renchéri que les attaques de groupes terroristes, les incursions répétées et l’augmentation de la violence à l’encontre des populations locales ont, non seulement fragilisé la région mais aussi, la sécurité des frontières et l’ordre public. Dans ce contexte, l’autorisation de l’état d’urgence sécuritaire a été suggérée pour maintenir l’autorité de l’État et surtout protéger les lieux, les humains et préserver la paix sociale.
« L’état d’urgence permet d’agir d’une manière plus réactive et surtout d’adopter des mesures exceptionnelles et temporaire, telles que les restrictions de déplacement, les fouilles et les contrôles renforcés ou encore la mobilisation accrue des forces de défense et de sécurité », a dit le ministre Madjoulba.
Une minute de silence a été observée à l’endroit de tous les corps habillés tombés au front.
ATOP/SED/KYA






