
Kpalimé, 28 mars (ATOP) – Dans un contexte de défis sécuritaires croissants aux frontières du Bénin, du Burkina-Faso et du Togo, un atelier d’échanges et de partage d’expériences, a regroupé les 27 et 28 mars à Kpalimé, les membres du comité transfrontaliers d’alerte précoce pour renforcer l’intégration des réseaux nationaux de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.
Cet atelier est une initiative de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Il a rassemblé les parties prenantes à la prévention et à la gestion des conflits communautaires, des représentants des mécanismes nationaux d’alerte précoce (CIPLEV, ONAFAR, ONAPREGECC, SP-CNLCREVT, ABeGIEF, PURS) et des autorités locales (préfets, maires et gouverneurs) des trois pays.
La rencontre est financée par le Fonds des nations unies pour la consolidation de la paix. Elle s’inscrit dans le cadre de la phase 2, du Programme d’Appui à la Prévention des Conflits et de l’Extrémisme violent dans les Zones frontalières du Bénin, du Burkina-Faso et du Togo. Elle prétend, dans une dynamique plus large de prévention des conflits et de renforcement de la cohésion sociale, impliquer directement les communautés locales. Cette activité vise à partager les expériences nationales en matière de gestion des conflits communautaires ; répertorier les bonnes pratiques de prévention des conflits communautaires et de lutte contre l’extrémisme violent ; définir des stratégies transfrontalières pour une réponse coordonnée et efficace aux menaces sécuritaires. Il a aussi été question de mettre en place un système de communication en temps réel entre les différents réseaux et élaborer un plan d’action commun pour une coopération renforcée puis de faire connaitre aux participants la disposition de non-refoulement des réfugiés et de planifier des mécanismes nationaux de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.
A l’issue des travaux, les participants ont identifié les axes d’intervention prioritaires et adopter des recommandations pour faciliter l’échange d’information à travers une plateforme dédiée. Ils ont aussi élaboré un plan d’action transfrontalier pour une meilleure coordination des efforts.
Le représentant du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Lcl Labanté Nikabou, secrétaire permanent du CIPLEV a indiqué que les menaces liées aux conflits communautaires, aux activités criminelles transfrontalières et à l’extrémisme violent sont des réalités préoccupantes auxquelles les trois pays sont confrontés. Il a souligné que la situation géographique des Etats impose une responsabilité commune, celle de protéger les populations, de garantir la paix et de promouvoir un développement harmonieux.
M. Etienne Banga, représentant du représentant du système des nations unies a fait savoir que le programme transfrontalier est capital dans le contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires, des tensions communautaires croissantes et des vulnérabilités socio-économiques exacerbées. Il a expliqué que dans de tels environnements, les comités transfrontaliers d’alerte précoce sont cruciaux et offrent à ses membres l’opportunité de réfléchir aux stratégies communes de résilience et d’harmonisation des interventions en vue d’apporter une réponse holistique au phénomène de l’insécurité dans les localités ciblées.
Les signes d’extrémisme violent dans une communauté
D’après le contrôleur général de police, Louis Tokpanou, secrétaire permanent par intérim de la commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme au Bénin, le signe d’extrémisme violent dans une communauté varie d’une communauté à une autre. Il a expliqué que les conflits qui naissent entre agriculteurs et éleveurs concernant le partage des ressources naturelles peuvent dégénérer si ce conflit est mal géré. Il peut entraîner des violences dont les niveaux peuvent croitre jusqu’à l’extrémisme violent et lorsque ce n’est toujours pas maîtrisé, ça tend vers le terrorisme.
Qu’est-ce qu’un système d’alerte précoce ?
« Le système d’alerte précoce est un mécanisme qui relie certains acteurs des communautés, leur permettant d’être informés en temps réel et de pouvoir faire passer des messages sur tout incident qui pourrait impacter la sécurité des populations quel que soit le domaine dans lequel elles se retrouvent », a expliqué M. Tokpanou.
Le préfet de Kloto, Assan Koku Bertin a assisté à l’ouverture des travaux de l’atelier. ATOP/AYH/MG






