
Lomé, 13 mai (ATOP) – Les participants à la conférence de l’Union africaine (UA) sur la dette ont débattu, le lundi 12 mai à Lomé, sur le thème « Le cadre commun du G20 et l’actuelle impasse de la dette en Afrique : faut-il un nouveau mécanisme d’allègement de la dette ? »
Ce panel a été animé par Michel Dzombala, vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine, Buah Saidy, gouverneur de la Banque centrale de Gambie, Mme Anne-Laure Kiechel, fondatrice de Global Sovereign Advisory (GSA), Adama Coulibaly, ministre des Finances et du Budget de la République de Côte d’Ivoire, Dr Edward Brown, directeur principal de la recherche et engagement politique au Centre africain pour la transformation économique et Mme Manuela Do Rosario Francisco, directrice Globale des politiques économiques, Groupe de la Banque Mondiale. C’était sous la modération du Dr Patrick Ndzana Olomo, directeur par intérim du Développement économique, de l’intégration et du commerce de la Commission de l’union africaine (CUA).
Les panelistes ont examiné la restructuration de la dette publique, comme possible panacée à la crise actuelle de la dette sur le continent. Ils ont évalué l’adéquation du cadre commun du G20 à cet objectif, et proposé les réformes nécessaires pour améliorer son efficacité. Ils ont, également, évoqué la nécessité de créer un mécanisme alternatif d’allègement de la dette, au-delà du cadre commun du G20.
D’après les panélistes, au cours des trois dernières décennies, la communauté internationale a mis en œuvre plusieurs initiatives d’allègement de la dette, fondées sur des mécanismes de restructuration, pour aider les pays très endettés à ramener leur dette à des niveaux soutenables mais, que ces initiatives ont présenté des lacunes dans leur capacité à répondre efficacement aux défis posés par l’endettement massif du continent.
Les panelistes estiment que la restructuration de la dette est l’un des mécanismes d’allègement pour faire face à la situation actuelle. La restructuration de la dette est une technique financière et juridique qui permet à une entreprise de renégocier les conditions de son endettement en réduisant ses échéances mensuelles ou en abaissant ses charges d’intérêt par exemple.
Le vice-gouverneur de la BEAC, Michel Dzombala a souligné que la restructuration de la dette constitue le dernier recours pour faire face à une dette souveraine insoutenable, afin de libérer de l’espace budgétaire propice à une croissance et un développement durable.
Quant au ministre Adama Coulibaly, pour améliorer les différents cadres de restructuration de la dette, les procédures existantes doivent connaître une certaine célérité visant à raccourcir les délais des négociations.
La situation de la dette africaine s’est considérablement détériorée ces dernières années. D’après un rapport des Nations unies, cité lors de cette table ronde, le service de la dette extérieure des pays africains a atteint un niveau record de 89,4 milliards de dollars en 2024, limitant leur capacité à financer les Objectifs de développement durable (ODD). Depuis 2010, la dette publique africaine a presque doublé, en grande partie en raison du recours croissant aux emprunts non concessionnels et à court terme, ce qui a conduit à plusieurs défauts de paiement.
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