
Lomé, 14 mai (ATOP) – « Financement innovant de la dette dans le cadre de l’Agenda de transformation de l’Afrique : naviguer dans le paysage actuel du financement du développement », autour de ce thème les experts ont débattu le mardi 13 mai à Lomé dans le cadre de la conférence de l’UA sur la dette.
Au cours de cette table ronde, les panélistes ont mis en exergue le paysage actuel du financement du développement ainsi que les approches et stratégies les plus pertinentes en matière de financement innovant de la dette. Ces actions permettraient à l’Afrique de financer de manière adéquate ses aspirations dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’UA.
Selon eux, la capacité du continent africain à mobiliser des ressources financières suffisantes est un indicateur déterminant de sa faculté à atteindre les objectifs fixés dans l’Agenda 2063 de l’UA et l’Agenda 2030 des Nations unies. Ils ont souligné que les besoins du continent en matière de financement du développement s’intensifient et les estimations peuvent atteindre en moyenne 200 milliards de dollars américains par an.
Le Prof Fadhel Kaboub, président du Global Institute for Sustainable Prosperity, a fait comprendre que les flux financiers extérieurs notamment les transferts de fonds, les investissements de portefeuille, l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers ont fortement diminué, en raison du durcissement des conditions financières mondiales et d’autres facteurs. Pour lui, la stratégie visant à réduire l’endettement des entités gouvernementales est la possibilité d’organiser et discuter les meilleures alternatives en termes de financements existants et nouveaux. Ceux-ci contribueront à soutenir l’essor économique, l’expansion et la diminution de la pauvreté.
Yoan Raih, économiste senior à Finance for Development Lab, a indiqué que l’objectif n’est plus d’acquérir par le biais de l’emprunt, mais de transformer grâce à l’investissement. Il a martelé qu’il est maintenant essentiel que les fonds soient avant tout alloués à des secteurs productifs tels que l’énergie, les infrastructures et l’industrie, qui sont capables de fournir un retour sur investissement durable.
Il ressort des échanges que le continent africain connaît actuellement une phase particulièrement complexe d’un point de vue économique ; l’endettement public total a connu une forte augmentation, s’élevant à 1.860 milliards de dollars en 2024, alors que le rapport dette-PIB est passé de 44,4% en 2015 à 66,7% actuellement. On note également que plus de 20 nations africaines sont sur le point de connaître une crise financière, forcées à faire des choix difficiles entre le paiement de la dette et les investissements indispensables dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures.
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