
Lomé 21 juin (ATOP) – Le film long métrage « Abalo et Afi », de la réalisatrice Mme Essivi Mimi Bossou-Soédjédé, a été projeté, le vendredi 20 juin à l’institut français de Lomé pour interpeler la conscience de tous envers les enfants de rue.
Ce film de 85 min retrace l’histoire de Maché et Betoun, deux jumeaux de 13 ans qui font face à la cruelle urbaine, forcés de subsister dans la rue. Pour un bout de papier perdu, ces enfants avec de grands rêves, vont devoir vivre dans la rue aux côtés d’autres enfants et adolescents. Ils font de la résilience, un combat de tous les jours face aux dures réalités insoupçonnées qu’ils découvrent et vivent ; un parcours douloureux, mais empreint de solidarité et d’espoir.
À travers des récits et images poignants, et une narration simple mais puissante, la réalisatrice plonge dans le quotidien de ces enfants, avec une volonté farouche de briser les préjugés. « Quotidiennement, des enfants vagabondent sans but dans les rues de Lomé, abandonnés à leur propre sort. En quête d’échapper à la maltraitance domestique, à la misère ou à l’abandon, ils parviennent à subsister entre les marchés, les parkings, les gares et les carrefours. Pour bon nombre de personnes, ces enfants sont désormais perçus comme invisibles, voire considérés comme des délinquants ou des menaces pour la société. Trop souvent, on les juge sans comprendre ce qu’ils vivent », a évoqué Mme Bossou-Soédjédé.
Le film aborde également la question de vulnérabilité et met en évidence des réalités sociétales et sociales essentielles à faire connaitre pour éveiller les consciences. « Notre objectif est que les gens voient ces enfants autrement comme des êtres humains, des victimes, des enfants qui ont simplement besoin d’amour, de soins et de sécurité. Nous voulons que les acteurs changent de regard et de mentalités. Ce film s’adresse aux parents, aux enseignants, aux autorités, aux citoyens ordinaires. Il invite chacun à se poser la question : Que puis-je faire pour aider ces enfants ? », a dit l’auteur.
La réalisatrice a fait comprendre qu’« en changeant les regards, nous espérons amorcer un changement plus grand : celui des cœurs, des politiques publiques. Il y a une histoire derrière chaque enfant qui vit dans la rue. Derrière chaque récit se trouve une communauté qui a le choix de tendre la main ou de fermer les yeux ».
Mme Bossou-Soédjédé a émis le souhait que ce film soit diffusé dans des centres culturels, des écoles, des églises, et présenté lors de festivals de films africains.
Des participants ont salué la volonté de la réalisatrice de porter cette thématique. Pour Mme Kayi, une cinéphile ce film est un « outil pédagogique puissant. Il ouvre les esprits sur des réalités que beaucoup ignorent, surtout chez les jeunes ».
Pour Keffi, un étudiant à l’Université de Lomé, ce film est un « cri de cœur et un reflet de la société. Il doit inciter d’autres artistes, institutions et citoyens à prendre position contre ce problème des enfants vivant dans la rue ».
La réalisatrice est la directrice exécutive de l’Association précieux trésor de vie (APTV). ATOP/AO/DHK






