
Lomé, 26 juin (ATOP) – Le directeur général du Dépositaire Central/Banque de règlement (DC/BR), Birahim Diouf a annoncé, le mercredi 25 juin à Abidjan, le passage imminent du cycle de règlement des transactions boursières de J+3 à J+2 sur le marché financier régional de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), une évolution stratégique prévue d’ici la fin de l’année.
Cette annonce a été faite à l’occasion d’une rencontre avec la presse économique. Elle a permis à M. Diouf de présenter l’état d’avancement du projet, soulignant son importance pour l’efficience, la sécurité et l’attractivité du marché régional.
Vers une meilleure efficacité opérationnelle
Conformément aux standards internationaux, le passage à J+2 signifie que le règlement, soit le transfert effectif des titres et des fonds entre les parties, interviendra désormais deux jours ouvrables après la date de transaction (J).
« Cette réforme vise à améliorer l’efficacité des opérations, accroître la liquidité et réduire le risque de contrepartie », a déclaré M. Diouf, précisant que le projet est mené en étroite concertation avec l’ensemble des parties prenantes.
Ce changement s’inscrit dans une démarche progressive entamée depuis la création du marché. À son lancement en 1998, le cycle de règlement était fixé à J+7, en raison de l’absence de système de paiement électronique reliant le secteur bancaire régional.
« L’introduction, en 2007, du système de règlement brut en temps réel (RTGS) par la BCEAO avait permis une première réduction à J+3. Aujourd’hui, l’évolution vers J+2 constitue une nouvelle étape vers l’intégration aux meilleures pratiques des marchés internationaux, dont certains expérimentent déjà le J+1 », a précisé M. Diouf.
Un enjeu d’attractivité pour les investisseurs
M,Diouf a souligné que la réduction du cycle de règlement permet une rotation plus rapide du capital et favorise une réinjection rapide des liquidités dans le marché. « Pour les investisseurs, locaux comme internationaux, c’est un gain de temps, de rendement et de sécurité. Cela renforce notre attractivité et positionne notre marché sur des standards internationaux », a-t-il affirmé.
Selon lui, certains investisseurs restent encore à l’écart du marché régional en raison des délais actuels. « Un cycle de J+3 peut représenter un frein pour les acteurs habitués à des environnements plus réactifs. La réduction de ce délai contribue à atténuer les risques en cascade liés aux décalages de règlement », a-t-il expliqué.
Un processus collaboratif et inclusif
Pour assurer la réussite de cette transition, le DC/BR a mis en place un groupe de travail composé des principaux acteurs du marché afin d’identifier et résoudre les défis techniques et opérationnels. « Nous avons évalué les impacts à chaque niveau de la chaîne. Du côté des investisseurs locaux, aucune contrainte majeure n’a été relevée. En revanche, pour les investisseurs internationaux, certains ajustements sont en cours de finalisation », a précisé M. Diouf. Il a également insisté sur le fait que ce projet pousse l’ensemble de l’écosystème à renforcer ses processus opérationnels, notamment les fonctions de post-marché.
Une dynamique de modernisation
Au-delà du passage à J+2, M. Diouf a également évoqué deux autres projets structurants en cours notamment l’inscription en compte au niveau client, qui vise à assurer une identification nominative des propriétaires de titres dans les livres du DC/BR, conformément aux meilleures pratiques internationales et la digitalisation des opérations d’appel public à l’épargne (DIGIAPE), une plateforme financée par la Banque Africaine de Développement (BAD). Cette plateforme permettra de moderniser et automatiser le processus de souscription sur le marché primaire.
Le DC/BR est une institution financière spécialisée de l’UMOA, dont le siège est situé à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Il centralise la conservation des valeurs mobilières pour ses adhérents et assure le bon déroulement des opérations de règlement/livraison à la suite des transactions boursières, tout en remplissant une mission de service public communautaire.
ATOP/BV/DC-BR






