
Lomé, 1er juil. (ATOP) – Le Togo va connaitre des élections municipales le 17 juillet prochain. A quelques jours de ces échéances, le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) renforce les capacités des Comités locaux de paix (CLP) à mieux jouer leur rôle.
Les CLP, des structures de veille citoyenne, investis de plusieurs missions dans les communautés et les périodes électorales, moments de tension, ont un rôle crucial à jouer. Pour mieux cerner leur cahier de charge, des responsables des CLP des 39 préfectures étaient en atelier de formation le 30 juin à Lomé.
La sensibilisation, mission fondamentale des CLP
Pour le consultant en droits humains et gouvernance, Bernard Anoumo Dodji Bokodjin, les CLP doivent multiplier les rencontres de proximité sur des thématiques relatives aux causeries éducatives ainsi que les émissions sur des radios locales pour sensibiliser les populations au respect des opinions politiques divergentes, au rejet de la violence, aux comportements citoyens pendant la campagne, le jour du scrutin et après les résultats.
Dans la préfecture des Lacs, un programme de sensibilisation a été lancé pour toucher chaque commune. D’après la trésorière du CLP des Lacs, Mme Dovi Ohiniba Situ Elom, « un programme de sensibilisation est déjà en cours dans toute la préfecture. Nous irons à la rencontre des groupes organisés, notamment la chefferie et les groupements de femmes, pour apporter un message fort sur la paix ». Elle a fait comprendre que la cohésion sociale, la non-violence, la maitrise de soi, avant, pendant et après les élections, ainsi que l’acceptation des résultats, seront les valeurs et les messages à véhiculer lors des sensibilisations.
Pour la trésorière du CLP Kozah, Mme Katagna Mireille, des activités telles que des animations et des débats radiophoniques sont déjà en cours pour sensibiliser davantage la population à la culture de la paix et à la cohésion sociale.
Veille communautaire et alerte précoce
Les CLP sont bien placés pour repérer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. Selon M. Bokodjin, ils doivent surveiller les discours de haine, la circulation de fausses informations et identifier les litiges électoraux potentiels, notamment des exclusions et la suspicion de fraudes.
« Nous aurons à renforcer la collaboration avec les forces de sécurité pour garantir la non-violence pendant les campagnes et le jour du vote », a dit Mme Katagna Mireille.
Facilitation du dialogue et médiation en cas de tensions
En cas d’incident électoral (disputes, refus des résultats, intimidation), les CLP doivent se trouver un langage d’apaisement, qui leur permet d’intervenir pour calmer les esprits, faciliter les discussions et éviter l’escalade, a expliqué l’expert.
Le vice-président du CLP Kpendjal, Abdoulaye Bassirou, ayant compris ce rôle crucial, veut faire des femmes des ambassadrices de paix pour développer des approches endogènes basées sur l’écoute, le respect des différences et une gestion et prévention des conflits. « Les femmes jouent un rôle crucial dans ce processus. Elles sont des porteuses d’informations et cherchent toujours à apaiser les tensions. Si nous impliquons davantage de femmes, nous avons de grandes chances d’avoir des élections apaisées », a souligné M. Bassirou.
Les CLP appelés à la neutralité
La présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya, a attiré l’attention des acteurs de Paix sur l’obligation de réserve et de neutralité, mais également sur le sens de la mesure qui doivent les guider dans leurs rapports avec les partis politiques, les candidats et les populations. « Au cours de vos sensibilisations, les CPL ne devront en aucun cas se substituer aux démembrements et aux agents de l’administration électorale chargés de trancher les litiges électoraux », a-t-elle prévenu.
Les Comités locaux de paix ont été mis en place en 2016 par le gouvernement en partenariat avec le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) et le HCRRUN. Les CLP sont des structures de veille citoyenne, composées de leaders communautaires, religieux, de jeunes, de femmes et de représentants de la société civile. Ils ont pour mission de prévenir les conflits sociaux et politiques à la base, particulièrement en période électorale.
ATOP/AAM/AO/AJA






