
Tchamba, 8 août (ATOP) – Le Cadre de concertation préfectoral de protection de l’enfant (CCPPE) de Tchamba a fait le point des cas d’abus enregistrés entre janvier et août 2025, le jeudi 7 août dans la localité.
La rencontre est dénommée « Conférence de cas d’abus dans la préfecture de Tchamba ». Elle s’intègre dans le projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo » mis en œuvre par l’ONG Programme d’appui à la femme et à l’enfance déshéritée (PAFED) avec l’appui financier de l’Agence suédoise de développement international (ASDI) à travers Plan Suède. Ce projet lancé en 2019 est arrivé à son terme.
L’objectif est d’échanger sur les cas d’abus gérés par le cadre, les stratégies d’intervention des acteurs de protection de l’enfant et les difficultés rencontrées dans la gestion des différents cas depuis le début d’année à ce jour. Il s’est agi également d’élaborer des recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le signalement et la gestion des cas d’abus au cours du trimestre prochain. La rencontre a, aussi, permis de plancher sur un plan d’action pour que le cadre continue ses activités après ce projet.
La présentation des cas est faite par le directeur préfectoral de l’Action sociale, Abotsi Kwaku, coordonnateur dudit cadre. Au total, vingt-un (21) cas ont été recensés dans la préfecture. Il s’agit de quatre cas de viol, trois cas de traite, cinq cas sociaux, deux mariages précoces et forcés, deux cas de négligence d’enfants, deux cas de violences psychologiques, deux cas d’enfants dits sorciers et une fugue. La majorité des victimes sont des filles (18). On note que les différents abus restent liés aux normes et croyances qui influencent la vie sociale. Les dénonciations, a souligné le coordonnateur du cadre, sont souvent tardives et sont faites habituellement par des proches des victimes. Il a déploré le fait que la plupart des auteurs des viols prennent la fuite avec la complicité des proches des victimes, avant l’arrivée des forces de sécurité.
Des recommandations ont été formulées à l’endroit de tous les acteurs du cadre afin de renforcer la collaboration pour une lutte plus efficace contre ce fléau. Elles sont relatives à l’accentuation de la sensibilisation dans les localités où le fléau est encore intense, à des plaidoyers auprès des mairies et autorités traditionnelles pour aménager des lieux de transit des cas à héberger ou organiser les familles d’accueil.
Le 2è adjoint au maire de la commune de Tchamba 1, Oumorou Latifou a félicité les membres du cadre pour le travail « exceptionnel » qu’ils font pour protéger les droits des enfants dans la préfecture. Il leur a demandé de maintenir toujours le niveau d’alerte, même après le projet. « Si aujourd’hui on s’arrête parce que le projet est fini, c’est comme s’il n’y a plus de cas or il y’en a. Ne croisons pas les bras », a-t-il déclaré. M. Oumorou a remercié le partenaire pour l’impact que son projet a eu dans le milieu et souhaité que d’autres projets arrivent à temps pour que la lutte continue.
La directrice exécutive de PAFED, Mme Gnofam Mayi a félicité tous les acteurs pour la collaboration qui a régné durant l’exécution du projet. Elle a promis que des plaidoyers sont en cours pour l’élaboration et la mise en œuvre d’autres projets de protection de l’enfance dont le CCPPE Tchamba pourra bénéficier.
ATOP/JK/MEK/DHK






