
Tandjouaré, 15 août (ATOP) – Un atelier de présentation du projet « culture durable du bambou au Togo dans la région des Savanes » et échanges avec les autorités locales, les communautés et les services techniques s’est déroulé, le mercredi 13 août à Tandjouaré.
Organisé par l’ONG Action réelle sur l’enfant et la femme (AREF), le projet a reçu le soutien des partenaires israéliens The Global Brain Ltd., une société de restauration climatique et du ministère de l’Environnement et des Ressources forestières.
L’objectif de l’atelier est de faire connaître le projet, susciter l’adhésion des communautés, identifier les potentiels propriétaires terriens et commencer l’étude de faisabilité, assorti d’une évaluation de la viabilité des terres et des ressources en eau pour garantir des opérations durables.
Le projet vise à faire du Togo un leader régional en agriculture durable et restauration climatique, en créant une industrie florissante de culture de bambou. Principalement, il s’agira de développer une plantation de bambou sur les terres dégradées, d’exploiter la croissance rapide du bambou pour capturer et stocker le CO2, de créer des emplois et des opportunités de revenus pour les communautés locales, puis de développer les produits en bambou commercialisables.
Le plan de mise en œuvre du projet prend en compte la planification et l’étude de faisabilité, le développement de la plantation de bambou, l’infrastructure et l’intégration technologique et la certification des crédits carbone. A cela s’ajoute l’engagement communautaire et la formation, la production et l’intégration au marché, le suivi évaluation et l’expansion et la réplicabilté.
Si le projet venait à se concrétiser, il sera estimé à 4. 235. 000. 000 F CFA avec la mobilisation et la sécurisation foncière évaluée à 10 000 hectares. Dix-huit localités potentielles sont concernées par ledit projet dans les communes Tandjouaré 1 et 2 puis Tône 1. S’agissant des sites de plantation, ils seront sélectionnés en fonction de la disponibilité des terres et de la fertilité des sols et de l’accessibilité à l’eau. Le processus de culture suivra les meilleures pratiques durables, garantissant un impact environnemental minimal et une amélioration de la santé des sols et la biodiversité.
Les terres éligibles portent sur les réserves publiques, celles des collectivités locales et des organisations de la société civile, les terres des propriétaires privés et toute autre forme de terre disponible. Le mode d’acceptation des terres est soit par contrat de location directe ou de contrat de bail entre propriétaires terriens et autres bénéficiaires.
Le profil des bénéficiaires et partenaires est centré sur les producteurs agricoles et forestiers, les organisations de producteurs forestiers et agricoles et les Comités villageois de développement (CVD). Il y a également les communes, le conseil régional et les services techniques déconcentrés (environnement, agriculture).Aperçu général sur les potentialités du bambou
Le bambou est une plante à croissance rapide voire très rapide, car certaines espèces peuvent croitre 1m par jour. La plantation du bambou contribuerait à la diversification de la production de ressources ligneuse et permet la satisfaction du marché intérieur par un approvisionnement soutenu. En matière d’atténuation, le bambou séquestre d’importants stocks de carbone. C’est un atout considérable pour le renouvellement de l’écosystème forestier. Il permet de réduire significativement la pression observée sur plusieurs espèces forestières. Ce plan est efficace pour la dépollution du sol, notamment en cas de contamination par des métaux lourds tels que le plomb. Il lutte contre l’érosion du sol. Le bambou assure la stabilisation des berges de cours d’eau. Il constitue une source d’énergie et est utilisé dans la construction, l’ameublement, la décoration et le textile. En médecine, il est vanté pour ses nombreux bienfaits pour la santé, notamment grâce à sa richesse en silice, un oligoélément essentiel pour les os, les articulations et la peau.
Des échanges ont permis de révéler l’intérêt de cette culture et de sensibiliser les parties prenantes sur la mobilisation des terres, en vue de l’opérationnalisation du projet.
Le préfet de Tandjouaré, Oukoura Agbanté a témoigné sa reconnaissance aux partenaires israéliens et au gouvernement pour le choix porté sur sa préfecture pour l’implémentation de ce projet. Il a invité les propriétaires terriens à céder les terres pour que la région des Savanes tire le maximum de profit de cette culture du bambou.
Quant au représentant du ministre en charge de l’Environnement, Atah Akpaki, il a convié les participants à mettre tout en œuvre pour soutenir les activités qui entreront dans la phase concrète de la mise en œuvre de ce projet.
Pour le Président directeur général (PDG) de The Global Brain Ltd., Ilan Madel, le bambou est une culture de rente à forte valeur ajoutée, capable d’augmenter les revenus des agriculteurs année après année. Il a décliné leur objectif qui consiste à travailler avec les populations du Togo pour créer une filière bambou durable qui génère des emplois, restaure les écosystèmes, augment les revenus agricoles et positionne le Togo comme un leader régional de la restauration climatique.
D’après le coordonnateur de l’ONG AREF, Konlambig Paguédam, face aux multiples défis, il est essentiel de développer des solutions co-construites, efficaces et pragmatiques en s’appuyant sur les forces et atouts des pays, en investissant dans les domaines qui constituent des moteurs de développement économiques et sociale, notamment l’adaptation aux changements climatiques.
ATOP/BBG/AR






