
Kpalimé, 22 août (ATOP) – La fête traditionnelle Dzawuza, célébrée dans le Grand Kloto, a été marquée le vendredi 22 août, par deux panels d’échanges autour de thématiques majeures pour le développement local : « Culture, identité et développement » et « Sécurisation foncière pour une meilleure valorisation de nos terres ».
La culture et l’identité, fondements du développement
Animé par le Pr Mawusse Kpakpo Akue Adotevi, titulaire en Logique et Philosophie du langage, le premier panel a permis de revisiter le sens des notions de culture et d’identité.
Selon lui, la culture, en sciences sociales, est « la réponse que l’homme apporte aux problèmes posés par sa société et son environnement à un moment donné et dans un espace donné ». Elle fait appel à un univers de symboles et ne peut être hiérarchisée : aucune culture n’est supérieure à une autre.
S’agissant de l’identité, le professeur a rappelé qu’elle est par nature discriminatoire, car « affirmer son identité revient toujours à dire ce que l’on n’est pas ». Toutefois, a-t-il souligné il est important de considérer l’identité culturelle comme un héritage. « Fêter Dzawuza aujourd’hui, ce n’est pas répéter le passé, mais poser un regard présent sur ce passé. Nous sommes des héritiers disposant d’un testament. Et notre responsabilité, c’est de transmettre un héritage porteur de sens aux générations futures », a-t-il expliqué.
Le Pr Adotevi a insisté sur le fait que les manifestations culturelles doivent être envisagées comme des attentes encore inachevées. « Face au passé marqué par la domination occidentale, la réponse doit être trouvée dans notre capacité à transformer notre héritage culturel en socle de développement », a-t-il conclu, citant l’exemple de la Chine comme modèle d’appropriation identitaire au service du progrès.
La sécurisation foncière, condition du développement agricole
Le deuxième panel, animé par Me Jean Yaovi Degli, s’est penché sur la question cruciale de la gestion des terres. L’avocat a dressé un constat préoccupant : les terres sont massivement vendues par les autochtones, réduisant la surface agricole disponible et compromettant l’avenir de l’agriculture. « Depuis 2017, j’interpelle sur ce sujet. Nous célébrons les récoltes à Dzawuza, mais si nous n’avons plus de terres, que pourrons-nous cultiver ? », a-t-il alerté. Pour y remédier, il a proposé plusieurs pistes : arrêter la vente des terrains au profit de leur location, permettre aux propriétaires d’utiliser leurs terres comme gages pour accéder à des prêts financiers, et créer une banque foncière ou caisse d’habitat afin de préserver ce patrimoine.
« Nos terres doivent être sécurisées par des titres fonciers. Aujourd’hui, 95 % des affaires judiciaires concernent des litiges fonciers. Si nous n’agissons pas, nous allons perdre notre ressource la plus précieuse », a-t-il averti.
Ces échanges intellectuels et citoyens s’inscrivent dans le thème global de Dzawuza 2025 : « Le redécollage du Grand Kloto par l’agriculture, la culture et le tourisme solidaire ». L’apothéose de la fête est attendue ce samedi 23 août, avec des cérémonies et activités qui viendront clôturer cette édition, marquant le retour de Dzawuza après plusieurs années d’interruption.
ATOP/ER/AYH/KYA






