
Lomé, 1er fév. (ATOP)- À Bonwaï, village situé à neuf kilomètres de Kétao dans la commune de Binah 2, le marketing social s’impose progressivement comme un levier de renforcement de la stratégie de vaccination des enfants. Au cœur de cette dynamique dans cette commune, Demon Abdou, Agent de santé communautaire (ASC), mène quotidiennement des actions de proximité pour identifier les enfants non ou incomplètement vaccinés afin de faciliter leur prise en charge.
Âgé de 43 ans, Demon Abdou sillonne inlassablement les concessions de son village. Deux à quatre heures par jour, plusieurs fois par semaine, il effectue du porte-à-porte afin de repérer les « enfants perdus de vue », ceux qui n’ont pas achevé ou commencé leur calendrier vaccinal. Cette approche communautaire s’inscrit dans la stratégie de marketing social initiée par les autorités togolaises, avec l’appui de l’UNICEF, visant à rapprocher les services de vaccination des populations.
Avec son cartable contenant des fiches de référence et de contre-référence, l’ASC vérifie les carnets de vaccination, sensibilise les mères sur l’importance du respect du calendrier vaccinal et oriente les cas identifiés vers le personnel de santé. « Quand je me rends dans un ménage, je vérifie les cartes de vaccination. Si un enfant est concerné, je remplis la fiche et je la remets à la maman. J’enregistre ensuite les données sur mon téléphone à l’aide de l’application Kobo Collect et je les transmets à l’infirmier pour la prise en charge », explique-t-il.
Lorsque plusieurs enfants sont recensés dans une même zone, le responsable de la vaccination se déplace sur le terrain pour administrer les doses nécessaires, rapprochant ainsi les soins des bénéficiaires.
Un engagement communautaire au prix de sacrifices
Agriculteur-éleveur de profession, Demon Abdou concilie difficilement ses activités génératrices de revenus et son rôle d’agent communautaire. « Pour une sortie, je visite une dizaine de maisons. Je revisite plusieurs fois certains ménages pour pouvoir rencontrer les mamans. Ce travail nous prend du temps. C’est un sacrifice de notre village, nous ne pouvons pas abandonner », confie-t-il avec détermination.
Désigné par sa communauté pour servir de relais entre le centre de santé de Kétao et les populations, Demon Abdou a accepté cette responsabilité par sens du devoir. « Nous étions plusieurs au départ, mais beaucoup ont abandonné. J’ai continué parce que la communauté compte sur moi », relate-t-il.
Au-delà de la recherche des enfants non vaccinés, l’ASC participe également au dépistage du paludisme et de la malnutrition chez les enfants, contribuant ainsi à une prise en charge globale de la santé communautaire. Toutefois, il plaide pour une régularité de la motivation financière promise, afin de poursuivre son engagement dans de meilleures conditions.
Des résultats visibles sur le terrain
Les effets du marketing social sont perceptibles à Bonwaï. M. Saliou Soulemane, chef du village, témoigne des changements observés. « Avant certaines femmes n’aimaient pas amener leurs enfants pour la vaccination et ces derniers étaient régulièrement malades. Cinq sur dix enfants perdaient la vie. Maintenant, les femmes ont compris l’importance de la vaccination, les enfants se portent bien », se réjouit-il.
Reconnaissant, le chef de Bonwaï salue l’initiative et l’engagement des acteurs communautaires. Il formule le vœu que les partenaires et les autorités accordent davantage de moyens au projet de marketing social afin de pérenniser cette action salvatrice pour le bien-être des enfants et, plus largement, de toute la population.
ATOP/BV/KYA






