
Par Elisée Rassan et Honoré Attikpo
Pendant que les regards sont tournés vers le terrain municipal de Kpalimé, où se déroule la grande prière de l’Aïd-El Fitr, Sylvana Tebayema a choisi un autre angle. A quelques mètres de la foule, elle capte, elle aussi, l’essence de la fête… avec un petit studio improvisé.
Devant la sortie du stade, son dispositif attire l’attention. Un fond rose, quelques fleurs, une chaise posée là, simplement. Mais autour, une grande ambiance. Il est 10h15, et déjà, les fidèles sortant de la prière s’arrêtent, puis séduits.
Femmes, enfants tout sourire, familles entières, tous défilent devant son objectif. Un même décor, mais une multitude d’histoires figées en images.
« Un petit sourire ? » lance-t-elle, avec joie. Et presque toujours, les visages s’illuminent. Un clic. Puis un autre.
Sylvana ne se contente pas de photographier, elle crée une atmosphère. Joviale, dynamique, elle interpelle, attire, convainc. « Venez, essayez juste ! », répète-t-elle aux passants. A ses côtés, deux collaborateurs s’activent pour gérer le flux de clients qui ne cesse de grandir.
Sylvana se dit “entreprenante”. « Quand tu es entrepreneur, tu ne peux pas rester dans ton coin. Il faut aller vers les clients. Parfois, ce que tu gagnes dehors dépasse ce que tu fais au studio », confie-t-elle, vêtue d’un élégant ensemble en pagne.
Et le pari semble réussi. Avant même 11 heures, plus de 50 clients ont déjà défilé devant son objectif, malgré la chaleur. Pour l’occasion, elle a lancé une promotion spéciale Ramadan : 500 F CFA la photo imprimée, 750 FCFA en version numérique. Une stratégie qui attire.
Parmi ses clients du jour, Tanti Zina, couturière, venue avec ses enfants et ses apprentis. Après la prière, elle s’offre une parenthèse devant l’objectif. « C’est pour les souvenirs. Quand tu regardes ces photos plus tard, ça fait du bien. Même quand il y a des soucis, ça aide à oublier », confie-t-elle, sourire aux lèvres.
Autour, la fête continue. Les rires, les salutations, les retrouvailles… et au milieu, Sylvana, concentrée sur son business.
Quand le flux se calme enfin, elle range son matériel, direction le studio. Là-bas, une autre étape l’attend : traiter, retoucher, livrer. Parce que derrière chaque cliché, il y a une promesse à tenir.
Sylvana aura fait plus que photographier l’Aïd-El Fitr : elle aura démontré qu’en entrepreneuriat, il n’y a pas de petit moment, seulement des opportunités à saisir.






