
Tsévié, 27 mars (ATOP) – La Direction régionale de l’éducation (DRE) de la Maritime a organisé, le jeudi 26 mars à Tsévié, une causerie-débat sur la scolarisation et le maintien des filles dans le système éducatif pour marquer la célébration en différé de la journée internationale des droits des femmes.
Axée sur le thème « Education de qualité pour toutes les filles, plus qu’un droit, une exigence pour tous », la rencontre a réuni des enseignantes des différents établissements de la région Maritime, des chefs d’établissements et des inspecteurs de l’éducation. Des élèves et parents d’élèves ainsi que des responsables de l’éducation au niveau régional ont également pris part à cette causerie-débat.
L’objectif est d’engager une réflexion approfondie sur les défis liés à la scolarisation et au maintien des filles dans le système éducatif.
Les échanges ont permis de dresser un constat préoccupant de la déperdition scolaire des filles. Selon ce constat, les filles s’inscrivent massivement au primaire, en raison de la gratuité des frais de scolarité, mais deviennent de moins en moins nombreuses au fil du cursus scolaire, jusqu’à être quasi inexistantes dans certaines filières techniques et industrielles. D’après les statistiques, le taux de scolarisation des filles au primaire dans la région Maritime représente environ 96 %, avec un taux d’achèvement de 70 %. Au collège, ces taux chutent respectivement à 68 % et 45 %. Dans l’enseignement technique, le constat est amer, les filles ne représentent que 28 % des effectifs, contre seulement 6 % dans les filières industrielles.
Parmi les principales causes évoquées, figurent les grossesses précoces, les difficultés financières, les pesanteurs socioculturelles ainsi que certains comportements parentaux démotivants. Le personnel d’encadrement et les enseignantes ont aussi relevé des pratiques à risque chez certaines adolescentes, notamment des sorties nocturnes favorisant les grossesses et les mariages précoces.
Face à ces défis, plusieurs axes d’actions ont été identifiés. Il s’agit pour les enseignantes de jouer pleinement leur rôle de modèles pour les jeunes filles et d’intensifier des actions de sensibilisation en milieu scolaire et communautaire. Le mentorat, le tutorat et l’accompagnement des apprenantes ont été aussi recommandés, de même que la lutte contre les stéréotypes de genre dans les pratiques pédagogiques.
Pour le directeur régional de l’éducation de la Maritime, Aholou Kokou, à travers la journée du 8 mars, il ne s’agit plus seulement de se retrouver pour festoyer, mais de réfléchir aux problèmes qui minent la scolarisation de la jeune fille afin de relever les défis qui s’imposent. Il a exhorté chaque acteur à prendre ses responsabilités pour garantir un meilleur parcours scolaire aux filles.
L’inspectrice d’enseignement technique Maritime, Mme Agbodji Dovi Adjo a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les familles et de renforcer leur détermination. « Si les filles ne sont pas motivées et attirées par les bonnes valeurs que nous leurs aurons inculquées, tous les efforts fournis risquent d’être vains », a-t-elle souligné.
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