
Aného, 23 mai (ATOP) – Une rencontre d’échanges consacrée à la problématique de la détention préventive et de la présomption d’innocence s’est tenue, le vendredi 22 mai à Aného, à l’endroit des magistrats civils et militaires, des officiers de police judiciaire et des surveillants de l’administration pénitentiaire.
Cette activité est une initiative de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) en sa qualité du mécanisme nationale de prévention de la torture (MNP). Elle s’inscrit dans le cadre de la célébration en différée de la journée africaine de la détention préventive observée le 25 avril de chaque année.
La rencontre a permis d’identifier et d’adopter des stratégies de réduction de la détention préventive au Togo. Il s’agissait d’amener ces acteurs du système judiciaire à trouver des mécanismes par lesquels ils vont travailler pour la réduction de l’usage parfois excessive de la détention préventive. A travers cette initiative, la CNDH a contribué à limiter la surpopulation carcérale des prisons au Togo.
A l’occasion, Mme Attitso Afi, magistrat et commissaire de la CNDH a défini la détention préventive comme étant une mesure préventive légale prévue par l’arsenal judiciaire afin de répondre aux nécessités de l’enquête judiciaire et de préserver l’ordre public. Selon elle, cette mesure exceptionnelle répond également à des impératifs légitimes de procédures pénales, notamment celles de préserver les preuves, d’éviter les pressions sur les témoins, de prévenir des risques de fuite ou encore de protéger l’ordre public. Toutefois, a-t-elle poursuivi, toute personne poursuivie par la justice, bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une décision définitive de condamnation n’a été prononcée à son encontre.
Le recours systématique ou prolongé à la détention préventive peut constituer une atteinte grave aux droits de l’homme, à la liberté individuelle et à la dignité humaine. « Cette décision de placement ou de maintien en détention, engage non seulement la crédibilité de la justice mais aussi la vie et l’honneur de l’être humain » a relevé Mme Attitso avant d’évoquer que la surpopulation carcérale que connaissent les établissements pénitentiaires, trouvent souvent son origine dans le recours parfois excessif à la détention préventive.
Le commissaire de la CNDH a salué les efforts consentis par les autorités judiciaires pour améliorer les délais de traitement des dossiers et renforcer les garanties procédurales. Elle a exhorté les acteurs de la justice à promouvoir une culture judiciaires fondée sur les exceptionnalités de la détention préventive impliquant le respect scrupuleux des délais légaux et l’accélération des traitements des dossiers et procédures. « La justice ne se mesure pas uniquement en sa capacité de sanctionner, mais aussi en sa capacité de protéger les droits de ceux qui sont poursuivies par la loi. Une justice humaine et impartiale diligente et renforce la confiance des citoyens dans les institutions et consolide la paix sociale » a-t-elle souligné.
Mme Attitso a lancé un appel à la mobilisation de tous les acteurs de la chaine pénale à bâtir une justice plus efficace, équitable et davantage respectueuse de la dignité humaine. « Je demeure convaincu que grâce à l’engagement, votre professionnalisme et votre attachement citoyen aux valeurs de justices, nous continuerons à faire progresser l’état de droit et la protection de la liberté fondamentale dans notre pays » a conclu le commissaire de la CNDH.
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