
Lomé, 11 juin (ATOP) – Le défibrillateur demeure l’un des équipements les plus essentiels dans la prise en charge des urgences cardiovasculaires. Lors du 3ᵉ congrès national de la Société de cardiologie du Togo (SOCART), les 11 et 12 juin à Lomé, Prof. Ag. Komlavi Yayehd, enseignant-chercheur en cardiologie à la Faculté des sciences de la santé (FSS) de l’Université de Lomé et président du comité d’organisation du congrès, a rappelé le rôle déterminant de cet appareil dans la lutte contre les arrêts cardiaques et la mort subite.
Selon l’enseignant-chercheur en cardiologie, le défibrillateur est un dispositif capable d’envoyer un choc électrique afin de corriger certains troubles graves du rythme cardiaque pour relancer le fonctionnement normal du cœur. « Lorsqu’un arrêt cardiaque survient à la suite d’un trouble sévère du rythme, il n’y a pas d’autre alternative immédiate. Si le défibrillateur n’est pas disponible ou si personne ne sait l’utiliser, le patient risque de décéder », a-t-il expliqué.
Le cardiologue Prof. Ag. Komlavi Yayehd a souligné que la présence de l’équipement seule ne suffit pas. La maîtrise de son utilisation constitue également un enjeu majeur. Il a relevé que de nombreuses structures sanitaires disposent parfois de défibrillateurs sans que le personnel ne soit suffisamment formé à leur emploi.
Des appareils adaptés à différents contextes

Le spécialiste distingue plusieurs types de défibrillateurs. Les défibrillateurs automatiques, largement utilisés dans les espaces publics de certains pays, peuvent être manipulés par des personnes non médicales. Ils analysent automatiquement le rythme cardiaque et délivrent le choc si nécessaire après que les électrodes ont été placées sur la victime. « Ces appareils sont conçus pour la santé publique. Ils permettent à toute personne témoin d’un malaise de poser un geste qui peut sauver une vie avant l’arrivée des secours », a indiqué Pr. Ag. Yayehd.
Dans les hôpitaux, les professionnels utilisent davantage des défibrillateurs semi-automatiques ou manuels. « Ces équipements nécessitent l’intervention d’un personnel formé capable d’interpréter le rythme cardiaque et de décider de l’administration du choc électrique », a-t-il fait savoir.
Renforcer les compétences des soignants
Le président du comité d’organisation du congrès a précisé que les défibrillateurs sont généralement disponibles dans les blocs opératoires, les services de cardiologie, de réanimation, les unités de soins intensifs et les urgences. Ils devraient également équiper les ambulances afin d’assurer une prise en charge rapide lors du transport des patients, a-t-il indiqué. Il a toutefois reconnu que toutes les structures sanitaires togolaises ne disposent pas encore de cet équipement. Néanmoins, grâce à des acquisitions et à des dons, leur disponibilité progresse dans les centres de santé du pays.
Pour le spécialiste, l’un des principaux objectifs des ateliers de réanimation cardio-pulmonaire organisés dans le cadre du 3è congrès national de la SOCART est de renforcer les capacités du personnel de santé, notamment les infirmiers et agents de première ligne. « Le défi est de permettre aux soignants de maintenir le patient en vie dès les premières minutes de l’arrêt cardiaque jusqu’à l’intervention des équipes spécialisées », a-t-il affirmé.
Selon Prof. Ag. Komlavi Yayehd, la lutte contre la mort subite passe ainsi par la disponibilité des défibrillateurs, mais surtout par la formation continue des acteurs de santé appelés à intervenir en urgence.
ATOP/AO/SED






