
Lomé, 17 juin (ATOP) – Les débats au troisième jour de la convention et exposition africaines du transport aérien ont été consacrés, le mercredi 17 juin à Lomé, sur le partage des expériences autour des thématiques liées aux « Investissements, financements, infrastructures et préparation des projets » ainsi qu’à la « Bancabilité des projets aéronautiques ».
Ces experts ont, dans leurs interventions, relevé les facteurs qui attirent le financement des projets d’infrastructures aéronautiques, citant, entre autres, une bonne planification du projet et sa connectivité, un environnement viable. Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continental africaine (ZLECAf), Wamkele Keabetswe Mene a souligné qu’il faut une bonne préparation ou conception du projet en tenant compte de la compétence des porteurs et d’une gestion efficace des risques identifiés. Selon lui, il est important de choisir des entreprises capables de respecter les délais et les budgets, tout en mettant en places des mécanismes pour anticiper les imprévus. « il est nécessaire de disposer d’une structure financière adaptée et une capacité à générer des revenus après la réalisation du projet, afin d’assurer le remboursement des financements », a-t-il insisté.

Sur la question de la bancabilité des projets, les intervenants ont souligné que la majorité des aéroports africains ne sont pas attractifs pour les investisseurs en raison de leur faible trafic. Le Président directeur général de la compagnie Royal air Maroc, Abdelhamid Addou, a relevé que « plus de 80 % d’aéroports accueillent moins d’un million de passagers par an, seuil considéré comme nécessaire à la rentabilité ». Selon lui, de nombreux projets aéroportuaires sont guidés par des ambitions politiques plutôt que des besoins réels, ce qui conduit à la construction des infrastructures modernes mais peu utilisées. Ainsi, pour compenser ce faible trafic, « les aéroports augmentent les taxes et les redevances, expliquant que cette situation relève du manque de connectivité aérienne et la faible attractivité de certaines destinations africaines », a-t-il poursuivi. Cependant, ils ont donné des pistes pour une meilleure planification des projets aéroportuaires.
Pour attirer les investissements privés dans le financement des infrastructures aéroportuaires, les experts ont recommandé de créer des entités autonomes distinctes des services de navigation aérienne. Le vice-président de l’Association du transport aérien international (IATA), Raphaël Kuuchi a souligné que « le faible trafic, les risques de demande et l’exposition aux devises étrangères compliquent le financement des projets ». Afin de développer les infrastructures aéroportuaires, il a estimé qu’il est nécessaire de renforcer les capacités techniques des Etats avec l’appui de la Banque africaine de développement. « Les revenus générés par les projets, les mécanismes d’indemnisations ainsi que les impacts sont des éléments essentiels à prendre en compte », a-t-il dit.
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