
Lomé, 19 juin (ATOP) – La troupe théâtrale « le Phare » en partenariat avec La maison des bien-aimés (LMBA) a organisé, le jeudi 18 juin, une campagne de sensibilisation au profit des usagers du marché de Hédrzanawoé (Golfe 2), sur la drépanocytose et l’importance du dépistage prénuptial.
Placée sous le thème : « l’art comme levier de sensibilisation de proximité : favoriser l’adhésion au dépistage prénuptial en milieu marchand », cette rencontre a pour objectif d’informer les femmes du marché à travers le théâtre pour les amener à connaître leur statut électrophorétique. A travers cette sensibilisation, la vision est d’éclairer la lanterne des populations sur la maladie et les convier à faire le bon choix du conjoint ou conjointe avant toute relation amoureuse conduisant aux grossesses. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la drépanocytose observée chaque 19 juin.
La séance a débuté par une caravane dans les artères du marché où des flyers ou prospectus sur lesquels figurent toutes les informations sur la maladie ont été distribués. La sensibilisation a été essentiellement marquée par une performance artistique de slams et de danse faisant ressortir des messages sur l’impact de la drépanocytose sur le sujet malade, la famille et l’environnement. Des séances d’enregistrement des personnes désireuses de se faire dépister, des questions-réponses et distributions des T-Shirts ont également meublées la rencontre.

Pour le médecin généraliste au Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRD), Dr Kouassi Raymond, la drépanocytose demeure la première maladie génétique au monde, avec plus de 500.000 naissances concernées par an dont près de 80% sur le continent africain. « C’est est une maladie génétique qui prend de l’ampleur. C’est une maladie héréditaire transmise par les deux parents porteurs du gène, mais qui sont totalement asymptomatiques et qui l’ignorent. Donc, ils sont des vecteurs du gène malade aux progénitures », a-t-il expliqué. « Sans une sensibilisation accrue jumelée à un dépistage de masse, nous ne pourrons pas éviter les unions à risque », a-t-il averti. Se référant aux dernières données statistiques nationales datant de 2005, le spécialiste a rappelé que 16 % de la population togolaise est porteuse du gène S, tandis que les formes majeures SS et SC représentent respectivement 2,6 % et 1,3 % de la population.
Le praticien a insisté sur les multiples impacts de cette pathologie, qualifiée de « budgétivore » pour les familles en raison des coûts médicaux élevés. À cela s’ajoutent l’angoisse psychologique, la stigmatisation, l’absentéisme et l’échec scolaire chez les enfants affectés, ainsi que le manque à gagner pour les parents contraints de rester au chevet des malades. Toutefois, Dr Kouassi s’est voulu rassurant quant aux avancées médicales : « Aujourd’hui, grâce à un suivi médical régulier et au respect des consignes sanitaires, la qualité de vie des patients s’est nettement améliorée. Il est désormais possible pour un drépanocytaire d’atteindre le troisième âge », a souligné le docteur. Il a lancé un appel pressant à la jeunesse afin qu’elle intègre systématiquement l’électrophorèse de l’hémoglobine dans ses bilans de santé avant tout engagement matrimonial.
Le représentant de LMBA, M. Konutsé Semanou, a indiqué que cette étape de Hédzranawoé marque l’apothéose d’une campagne itinérante qui a déjà touché plusieurs marchés du pays, notamment Atakpamé et Kpalimé. M. Konutsé a exprimé sa satisfaction quant à l’impact de cette approche communautaire par l’art théâtral. « Le but était de se rapprocher des populations sur leurs lieux de commerce pour les inviter à se faire dépister, dépistez-vous afin de faire un bon choix, un choix de partenaires responsables et sécuriser la santé de vos futurs enfants », a-t-il dit.
ATOP/SED/AJA






