
Kpalimé, 19 juin (ATOP) – La sécurisation foncière est indispensable à la stabilité sociale, à l’investissement et à la croissance économique, a déclaré le directeur général de l’urbanisme et de l’habitat, Afo Bidjo, représentant le ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, le jeudi 18 juin à Kpalimé. C’est à l’ouverture des travaux de la troisième édition de la Semaine du géomètre du Togo (SGT) du 17 au 19 juin.
Initiative de l’Ordre des géomètres du Togo (OGT), cette rencontre regroupe les professionnels du secteur foncier, les acteurs institutionnels, ainsi que les organisations sœurs africaines autour des enjeux liés à la gouvernance foncière.
Placée sous le thème « Le géomètre, un acteur clé pour la sécurisation foncière, la paix sociale et le développement urbain harmonieux », cette rencontre constitue un cadre d’échanges et de partage d’expériences sur les défis fonciers auxquels sont confrontés le Togo et plusieurs pays africains.
Plusieurs thématiques sont abordées, notamment le Plan local d’urbanisme (PLU), les outils technologiques modernes de mesure et de cartographie, l’exercice illégal de la profession ; les litiges fonciers, les lotissements clandestins, l’étalement urbain anarchique ainsi que les textes réglementaires encadrant la profession et la gouvernance foncière.
Les participants réfléchissent également sur les moyens d’intégrer davantage aux nouvelles technologies géospatiales, de renforcer les réseaux géodésiques et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs du secteur.
Les organisateurs entendent à l’issue des travaux élaborer un document de recommandations destiné aux autorités afin de contribuer à l’amélioration de la gouvernance foncière au Togo et dans la sous-région ouest-africaine. L’objectif est de faire des propositions pour aider l’État à prendre les meilleures décisions en matière de gestion foncière.
Après l’ouverture des travaux, les participants ont visité plusieurs stands d’exposition présentant des équipements topographiques de dernière génération, notamment des GPS différentiels, des drones et des détecteurs de réseaux souterrains, illustrant les avancées technologiques qui contribuent aujourd’hui à la précision des mesures et à la modernisation du secteur.
Le représentant du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme, Afo Bidjo a rappelé l’enjeu du foncier pour le développement des États. Selon lui, la sécurisation foncière est indispensable à la stabilité sociale, à l’investissement et à la croissance économique. Il a souligné que les litiges fonciers, les lotissements clandestins, l’occupation anarchique des espaces et l’absence de planification rigoureuse continuent de fragiliser les efforts de développement harmonieux des territoires. « Face à ces défis, le géomètre apparaît comme un acteur essentiel de la gouvernance foncière, chargé non seulement de délimiter les propriétés, mais aussi de sécuriser les droits, prévenir les conflits et accompagner les politiques publiques d’aménagement » a-t-il déclaré.
Le préfet de Kloto, Assan Koku Bertin a insisté sur la contribution des géomètres à la réussite des réformes foncières engagées par l’État, notamment la mise en œuvre du Code foncier et domanial adopté en 2018 et la future Déclaration de politique foncière. « Le géomètre n’est pas un simple technicien de la mesure. Il est le garant de la vérité de la terre », a-t-il affirmé, soulignant que la précision des travaux topographiques constitue un rempart contre les litiges fonciers et favorise une planification urbaine durable.
Une profession confrontée à de nombreux défis
Pour le président de l’Ordre des Géomètres du Togo, Atcholadi Nikada, cette troisième édition vise à approfondir la réflexion sur les problématiques qui affectent la profession et la gestion foncière. Il a dénoncé l’exercice illégal du métier de géomètre et la multiplication des lotissements clandestins, qu’il considère comme l’une des principales causes de conflits fonciers au Togo.
Selon lui, ces opérations irrégulières sont souvent à l’origine d’occupations anarchiques des sols, de la disparition des réserves destinées aux équipements collectifs, de mauvaises délimitations des voiries et d’innombrables contentieux. « Plus de 90% des problèmes fonciers trouvent leur origine dans les lotissements clandestins », a-t-il indiqué, appelant à des mesures plus efficaces pour lutter contre ces pratiques qui menacent la paix sociale et la sécurité foncière.
Le président de l’Ordre a également souligné l’importance des échanges avec les délégations venues du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, du Mali, du Niger et du Sénégal, afın d’harmoniser les pratiques professionnelles et de rechercher des solutions communes aux défis fonciers de la sous-région.
Le maire de Kloto 3, Asagbé Yawo a souligné que cette semaine constitue une opportunité de réflexion, de partage de connaissances et de valorisation du rôle du géomètre dans l’aménagement du territoire, la sécurisation foncière et le développent durable. ATOP/AYH/GMM






