
Kara, 14 juil. (ATOP) – Les luttes traditionnelles « Evala » en pays Kabyè, marquant l’initiation des jeunes garçons de 18 ans (Evalou), ont des particularités selon le canton dans lequel elles sont pratiquées. A Pya, les luttes ignorent le respect de l’équité. L’encadreur des Evala, Tchamiè Potchoniza a donné, le dimanche 12 juillet, des détails à l’envoyé de l’Agence togolaise de presse (ATOP).
Selon l’encadreur, contrairement à la majorité des cantons où les Evalou se respectent entre eux avec des confrontations uniquement autorisées entre ceux de la même année, à Pya, ce n’est pas le cas. « Dans notre canton, les Evalou luttent ensemble sans tenir compte de leur niveau d’initiation ou des forces en présence dans les rangs. Ainsi, vous verrez les Evalou de première, deuxième ou troisième année sortir ensemble dans le même rang et s’affronter », explique-t-il. Il a affirmé que ceci n’est pas le cas dans la plupart des cantons de la Kozah où ils respectent l’équité.
« Dans ces localités, les Evalou de troisième, deuxième ou première année sortent dans cet ordre pour lutter entre eux. « Jamais vous ne verrez des Evalou de troisième année affronter ceux de rangs inférieurs et vice-versa, ce n’est pas autorisé », détaille-t-il. Selon M. Tchamiè, le canton de Pya se singularise parce qu’il considère que peu importe qu’on soit de la première, deuxième ou troisième année, une fois que les jeunes sont initiés et qu’ils ont consommé la viande du chien, ils appartiennent à la même promotion. Et par conséquent, ils peuvent lutter entre eux parce qu’ils s’équivalent.
Pour autant, dit-il, un jeune initié ne peut pas manquer de respect à son devancier dans l’initiation, même s’il l’a terrassé dans l’arène. « Sachant que son aîné a fait les cérémonies avant lui, il le respecte. Et parce qu’il est son grand frère, quand il y a une organisation, il lui cède la place et lorsqu’il y a partage, il le laisse choisir la part du lion », a-t-il clarifié.
ATOP/MEK/AJA/KYA






