
Kara, 17 juil. (ATOP) – Les finales de l’avant-dernière journée des luttes traditionnelles initiatiques Evala, édition 2026, se sont déroulées le vendredi 17 juillet dans les cantons de Djamdè, Lama, Landa et Kouméa, sous une fine pluie et dans une ambiance empreinte de ferveur populaire. Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a assisté à certaines de ces finales organisées dans ces cantons.
Ces ultimes confrontations ont tenu leurs promesses, mêlant force, endurance et technicité des jeunes initiés. Dès les premières lueurs de la journée, les arènes ont été prises d’assaut par une foule immense. Supporters, familles, touristes, commerçants et autorités locales se sont massés autour des aires de lutte pour pousser leurs lutteurs vers la victoire. Sur le terrain, les jeunes initiés (les Evala), le corps enduit de sable et de graisse de chien ou sueur, se sont affrontés dans des duels d’une intensité remarquable.

Dans le canton de Lama, les lutteurs de Lama-Haut, en culotte blanche, se sont imposés face à ceux de Lama-Bas par 26 victoires contre 15, grâce à une meilleure maîtrise technique. Chez les Ahoza, Lama-Bas a pris sa revanche en dominant Lama-Haut par 12 victoires contre 5.
A Kouméa, les chants traditionnels, les sons des cors, les gongs, les harmonicas, les sifflets et les cris d’encouragement ont accompagné les affrontements.
La coalition Kèwè a pris le dessus sur Piyou avec 22 victoires contre 13. Chez les Ahoza, Piyou s’est imposé de justesse par 13 victoires contre 12.
A Landa, les lutteurs de Kassi-Déwa-Landa, en short rouge et ceux de Kadja-Houloung-Kpangalo en culotte blanche, se sont quittés sur un score de 16 victoires partout. En revanche, chez les Ahoza, Kassi-Déwa-Landa ont dominé Kadja-Houloung-Kpangalo par 22 victoires contre 12.
A Djamdè, les affrontements ont mis en évidence l’agilité, la ruse et la puissance des jeunes lutteurs. Les Evala de Djamdè-Bas ont légèrement surpassé leurs adversaires de Djamdè-Haut par 13 victoires contre 12.
Au niveau des non-initiés (Ahoza), ceux de Djamdè-Haut ont pris la revanche en terrassant leurs adversaires par 21 victoires contre 12.

Dans toutes les arènes des Evala, que se soit lors des préliminaires des éliminatoires, que des finales, passant par les demi-finales, le rythme des castagnettes, les danses folkloriques des femmes et les encouragements des supporters en transe ont transformé chaque arène de lutte en un théâtre de communion nationale.
« C’est ici que se forge l’esprit de résilience du peuple Kabyè », confie un sage du canton de Lama. Pour lui, « Gagner ou perdre cela importe peu au finish, ce qui compte, c’est le courage démontré dans l’arène. C’est cela qui fait d’un garçon un homme prêt à défendre sa communauté ».
A Kouméa, M. Poyodi Hainga estime que traditionnellement, gagner son adversaire lors de la finale des Evala compte beaucoup pour la société et le clan. « Désormais cela permet de se distinguer car les ‘’moutons’’ se promènent ensemble mais ils n’ont pas le même prix », a-t-il illustré.
Les festivités des Evala 2026 prendront fin le samedi 18 juillet avec les finales prévues dans les cantons de Tcharè, Soumdina et Lassa, avant la traditionnelle danse des Evala au domicile du Père de la nation, qui marquera la clôture officielle de cette édition dans la préfecture de la Kozah et dans le canton d’Agbandé-Yaka, dans Doufelgou.
ATOP/SG/TAL/KYA






