
Kara, 20 juil. (ATOP)-Les cérémonies d’initiation des jeunes dans le cadre des luttes traditionnelles Evala diffèrent de par l’animal sacrificiel, selon qu’on soit dans les cantons de la préfecture de la Kozah ou dans celui d’Agbandè-Yaka, le seul canton qui lutte dans le Doufelgou. Quel animal est-il exigé dans les lieux sacrés le jour de l’initiation ?
Les luttes des Evala sont des rites initiatiques pratiqués en pays Kabyè et dans le canton d’Agbandè-Yaka, dans la région de la Kara. Ces rites, meublés principalement par la lutte et d’autres cérémonies, marquent le passage à l’âge adulte pour les jeunes de 18 à 20 ans. Cependant, les animaux sacrificiels diffèrent d’un canton à l’autre, même si le rôle de l’oncle reste inchangé.
Le chien exigé chez les Kabyè
D’après l’encadreur de lutte, Tagba Essouhouna, dans la tradition kabyè, le chien est un élément central de l’initiation (Evala). Il souligne que son rôle est primordial car la viande est consommée par les jeunes lutteurs pour leur transmettre le courage, la ruse, la rage de vaincre et l’endurance nécessaires pour affronter leurs adversaires et devenir des hommes.
Le coq recommandé à Agbandè-Yaka
Si dans la Kozah, le chien est obligatoirement requis pour les cérémonies d’initiation du jeune Evalou (singulier de Evala) qui dure plusieurs jours, dans le canton d’Agbandè-Yaka, c’est plutôt le coq qui est exigé dans les lieux sacrés pour l’initiation qui ne dure qu’une seule journée. « Dans notre localité, comme nous ne mangeons pas le chien, c’est le coq qui est recommandé dans les lieux de cérémonies où les jeunes lutteurs sont initiés par les Egoulou », explique le régent du canton d’Agbandè-Yaka, Simtagna Mabeou.
Le rôle de l’oncle inchangé
Les deux intervenants ont fait savoir que, généralement, c’est l’oncle maternel qui a la lourde responsabilité de se procurer l’animal sacrificiel pour son neveu. Toutefois, disent-ils, le père peut intervenir pour celui-ci s’il n’a pas les moyens. A les en croire, si les familles ne peuvent pas se procurer le chien ou le coq pour les initiés, les cérémonies des garçons sont reportées à l’année suivante.
L’organisation des luttes
Une fois ces initiations terminées en pays Kabyè comme dans le canton d’Agbandè-Yaka, les lutteurs sont soumis, le reste des jours, aux entrainements. Ces essais permettent de sélectionner et de classer dans les rangs, les meilleurs qui s’affrontent d’abord en préliminaires par quartiers et villages avant que les lutteurs ne se regroupent pour se mesurer à d’autres coalitions en finale.
ATOP/MEK/KYA






