
Kpalimé, 1er sept. (ATOP) – La Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a engagé un processus d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption et à la promotion de l’intégrité dans les curricula de l’enseignement supérieur. Neuf manuels pédagogiques élaborés dans le cadre de cette initiative sont soumis à validation lors d’un atelier national ouvert le lundi 31 août à Kpalimé.
La rencontre, prévue pour cinq jours, réunit des responsables universitaires, des enseignants-chercheurs, des experts, des cadres de l’administration et différents acteurs du système éducatif. Elle constitue une étape du processus de préparation des outils devant accompagner l’introduction progressive de ces enseignements dans les offres de formation des établissements d’enseignement supérieur et des centres de formation.
Le projet porté par la HAPLUCIA prévoit l’introduction d’unités d’enseignement consacrées notamment à la citoyenneté, à la lutte contre la corruption, à la bonne gouvernance, à l’éthique et à la déontologie. Au niveau de la Licence, trois unités sont prévues aux semestres 1, 3 et 5. Elles portent respectivement sur les enjeux et défis de la lutte contre la corruption, les liens entre lutte contre la corruption et bonne gouvernance, ainsi que les fondements éthiques et la déontologie.
Deux autres unités sont proposées au niveau du Master, autour de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance, d’une part, de la déontologie et de la responsabilité professionnelle, d’autre part. Au Doctorat, le dispositif prévoit un séminaire consacré à l’environnement socioculturel et à la lutte contre la corruption.
Ces contenus, élaborés puis réécrits sous forme de manuels pédagogiques par un comité ad hoc, font l’objet d’un examen au cours de l’atelier. Leur élaboration intervient après une phase de prétest menée dans plusieurs établissements au cours de l’année scolaire et académique écoulée.
Cette phase expérimentale doit notamment permettre de recueillir les observations des utilisateurs et d’apporter les ajustements nécessaires aux supports avant leur extension à d’autres établissements.
La prochaine rentrée académique est envisagée comme une étape importante de ce processus, avec le début de l’extension et de l’intégration des nouveaux enseignements dans les offres de formation de l’enseignement supérieur.
L’éducation comme outil de prévention
Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pr Gado Tchangbedji, a insisté sur la nécessité de faire de l’intégrité un principe également applicable au fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur. Il a notamment cité les examens, les recrutements, la recherche et la gestion des ressources comme des domaines dans lesquels les principes d’éthique et d’intégrité doivent être observés. Le ministre a également appelé au renforcement de la lutte contre la fraude académique, le favoritisme et le plagiat.
Pour lui, les mécanismes de contrôle et de sanction ne suffisent pas à eux seuls à combattre durablement la corruption. Il a ainsi mis l’accent sur la prévention par l’éducation, à travers la formation des consciences et l’apprentissage des valeurs d’éthique et d’intégrité.
Le président de la HAPLUCIA, Aba Kimelabalo a appelé à considérer l’initiative au-delà de la seule production de supports pédagogiques. « Notre ambition n’est pas de produire des documents de plus, mais de mettre à la disposition de notre système éducatif des outils scientifiquement solides, pédagogiquement efficaces et adaptés aux réalités de notre pays », a-t-il déclaré.
Le gouverneur de la région des Plateaux, général Dadja Maganawé, a également souligné l’importance de l’éducation dans la prévention de la corruption. Il a invité les participants à veiller à ce que les outils soumis à validation soient adaptés aux réalités du système éducatif togolais et puissent être effectivement utilisés dans les établissements.
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