
Aného, 4 sept. (ATOP) – Le peuple Guin-Mina de la préfecture des Lacs et de la diaspora a célébré, le jeudi 3 septembre à Glidji-Kpodji, dans la commune Lacs 1, la 363e édition de sa fête traditionnelle identitaire Epé-Ekpé, ou prise de la pierre sacrée (Kpessosso).
De couleur blanche éclatante, cette pierre incarne la prospérité, la paix et la pureté pour toute la communauté Guin-Mina. Elle annonce également des interdits, notamment les violences conjugales faites aux femmes et aux enfants, ainsi que la baignade dans les eaux douces ou dans les piscines. Elle convie le peuple au pardon, à la réconciliation et à l’amour.

Les divinités recommandent au peuple de faire des offrandes au dieu du fer (Egou), aux jumeaux, aux enfants nécessiteux et aux personnes vulnérables. Elles appellent les prêtres Hounons et les chefs traditionnels à l’union. La pierre demande aux autorités locales, notamment au préfet et au maire de Lacs 1, d’œuvrer pour unir les fils et filles Guin-Mina. La pierre de couleur blanche annonce également l’abondance des récoltes, la fécondité des femmes et la prospérité dans les entreprises et les commerces.
Les festivités ont également été marquées par les prestations de danse et de chant des adeptes des 41 divinités du panthéon Guin, la libation et l’invocation des divinités et des ancêtres. Il y a également eu la distribution de la boisson locale « Liha », préparée à base de maïs par des femmes ménopausées, le port de perles (Sika) aux autorités et la présentation de la pierre sacrée à l’assistance.
Epé-Ekpé est une fête spirituelle, un moment de retour aux traditions et un rituel annuel de plusieurs mois qui marque la fin d’une année lunaire de 13 mois et le début d’une nouvelle année traditionnelle du peuple Guin-Mina. C’est un moment de renouvellement d’alliance avec les ancêtres et les 41 divinités de la cosmogonie Guin, de cohésion sociale, de retrouvailles, de pardon et de réconciliation entre les trônes royaux, les couvents et les familles.
Pour le peuple Guin-Mina, Epé-Ekpé est une affirmation identitaire, une vitrine du patrimoine culturel et aussi un moment de réflexion sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour le développement socioéconomique, culturel et touristique.

Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, représentant personnel du Président du Conseil, a rappelé l’importance de la fête traditionnelle Epé-Ekpé dans la promotion des valeurs culturelles, soulignant que la pierre sacrée n’est pas seulement un objet, mais un devoir, un langage et le lien qui unit les générations. Il a indiqué que la tradition est un véritable levier de développement local et exhorté les acteurs ou les pratiquants à valoriser davantage le patrimoine culturel et à le transmettre de génération en génération pour sa pérennisation. « Epé-Ekpé est une fête traditionnelle qui affirme l’identité culturelle du peuple Guin-Mina », a indiqué le ministre avant de remercier le peuple pour son attachement à sa tradition et à sa culture, qui constituent un repère fiable sur lequel il s’appuie pour construire la société.
Le président du comité d’organisation, Ayayi Ayivi Patrick, a salué la mobilisation qui témoigne de l’attachement et de l’intérêt portés à la pratique, au respect et à la perpétuation des valeurs traditionnelles ancestrales. Il a exprimé le soutien et les remerciements du peuple Guin-Mina à la politique de paix, de cohésion sociale et du vivre-ensemble prônée sous le leadership du Président du Conseil, Faure Gnassingbé.
Le porte-parole du peuple, Gê Fio Kossigan Kankoué Hanvi-Kpli VIII, chef de Zowla, a appelé les fils et filles, les familles, les couvents et les trônes royaux à une union sincère pour le développement durable, harmonieux et inclusif de l’espace Guin-Mina.
Placée sous le signe du pardon, de la réconciliation et de la cohésion sociale, la célébration a mobilisé une foule nombreuse, notamment des membres du gouvernement, des diplomates, des députés, des préfets de la région, des maires, des chefs traditionnels et de services, des délégations du Bénin, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et d’autres personnalités.
En décembre 2025, la fête traditionnelle Epé-Ekpé a été inscrite par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La 363e édition est donc la première année sous ce label.
ATOP/DK/AJA






