
Kara, 25 oct. (ATOP) – Plus de 250 élèves filles du lycée de Lama Kpédah ont été sensibilisées au dépistage précoce du cancer du sein et du col de l’utérus le 22 octobre dans l’enceinte dudit établissement.
L’activité de sensibilisation organisée par l’association FemSansCancer (F.S.C.) avec l’appui de la Fondation TOMFEI, intervient dans le cadre de la campagne annuelle de communication « d’Octobre Rose », visant à éveiller la conscience des jeunes filles sur ce mal silencieux.
L’objectif principal est de contribuer à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus au Togo à travers la sensibilisation au dépistage précoce et à collecter des fonds pour la recherche.
Spécifiquement il s’est agi d’apprendre la bonne pratique de l’auto-examen des seins, de connaître les signes et symptômes du cancer du sein à partir du poster de citrons. Il est aussi question d’améliorer les connaissances des groupes cibles sur les cancers du col de l’utérus et du sein, de les inciter au dépistage régulier par frottis cervico-utérin ou test HPV, ainsi que de briser les tabous et idées préconçues.
Elles ont exécuté des exercices pratiques pour mieux s’adapter aux différentes techniques d’auto consultation et aux premiers gestes à adopter en cas de présence des symptômes.
Comprendre le cancer du sein pour mieux agir

Le président de la Fédération togolaise des organisations de lutte contre les maladies non transmissibles au Togo (FETO-LMNT), Dr. Kouvahey Damien, a défini le cancer du sein, comme étant « le développement anormal des cellules au niveau du sein dû aux causes multiples dont les hormones et l’âge ». Selon lui, plus on avance en âge, plus le risque augmente, précisant qu’aujourd’hui le cancer est aussi là parce que les gens mangent très mal, trop sucré, trop salé, trop gras, avec beaucoup de toxiques.
« Nous ne faisons pas assez d’activités physiques, nous buvons beaucoup d’alcool et consommons trop de tabac. Si nos anticorps ne sont pas aptes à tuer ces cellules anormales, le cancer s’installe », a-t-il renchéri. Il a dit que le cancer du sein apparait sous les signes d’un nodule avec saignement, une peau d’orange, ou un sein qui grossit plus que l’autre et change de forme.
Dr. Kouvahey a exhorté les jeunes filles à l’autopalpation pour mieux découvrir leurs seins devant le miroir avec les yeux et les mains. Dès qu’il y a un petit signe, il a-t-il expliqué, il faut courir en parler à sa maman ou aller à l’hôpital. Le spécialiste a enfin insisté sur les gestes qui sauvent notamment, dormir suffisamment, faire de l’activité physique et surtout, ne jamais utiliser de pommades pour faire grossir les seins.
Que retenir du cancer du col de l’utérus
Pour le col de l’utérus, il a éclairé son auditoire que c’est « un virus, appelé le papillomavirus humain (HPV) qui peut rester au niveau du col pendant 10 à 15 ans et se multiplie pour donner des lésions aboutissant au cancer ».
Il a convié les jeunes filles à éviter les rapports sexuels précoces, de partenaires multiples, à introduire certains produits chimiques dans l’anus pour faire grossir les fesses ou dans le vagin pour plus de plaisir, car ces pratiques dangereuses favorisent le cancer du col. Il faut aussi pratiquer la bonne hygiène et surtout à aller se faire dépister régulièrement par frottis ou test HPV.
Mme Zénabou Moumouni, présidente de l’association FemSansCancer et survivante du cancer du sein, a fait savoir que leur démarche consiste à parler des cancers féminins aux jeunes filles du lycée de Lama-Kpédah, pour qu’elles s’approprient les bonnes pratiques de l’auto-examen et l’observation de ses seins. Elle a exhorté les jeunes filles à pratiquer l’exercice physique, avoir une alimentation saine et équilibrée, à éviter de fumer. « La chicha, que les jeunes prennent beaucoup, est 10 fois plus dangereuse que la cigarette », a indiqué Mme Zénabou. Seule la vaccination chez les adolescentes et le frottis cervico-vaginal ou le test HPV chez adulte, peuvent réduire le cancer, a-t-elle souligné.
Tébié Leticia et Kanema Vanessa, se sont réjouies de cette initiative qui vient à point nommé les éclairer sur beaucoup de choses qu’elles ignoraient. « ces connaissances nouvelles nous érigent désormais en ambassadrices de lutte contre ces cancers auprès de nos camarades, mamans et nos sœurs », a confié Leticia.
Portée sur les fonts baptismaux en 20217, l’association FemSansCancer informe les jeunes filles et femmes à travers les sensibilisations et les formations, tout en réconfortant et soutenant les victimes qui traversent cette épreuve afin qu’elles évitent l’isolement. FemSansCancer compte à ce jour plus de onze mille femmes sensibilisées et formées sur l’étendue du territoire national.
ATOP/AK/SG/HKM






