
Kara, 29 oct. (ATOP) – Cent serveuses et tenancières de bars ont été formées et sensibilisées au dépistage précoce du cancer du sein et du col de l’utérus les 21 et 22 octobre à Kara.
Cette sensibilisation organisée par la brasserie BB de Lomé en collaboration avec l’association FemSansCancer (F.S.C.) intervient dans le cadre de la campagne annuelle « Octobre Rose ». La finalité est d’éveiller la conscience des jeunes filles et femmes sur ce mal silencieux. L’objectif est de contribuer à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus au Togo à travers la sensibilisation au dépistage précoce et à récolter des fonds pour la recherche. Il s’est agi d’apprendre aux participantes, la bonne pratique de l’auto-examen des seins, de leur faire connaître les signes et symptômes du cancer du sein à partir de « l’affiche de citrons ». Il a été aussi question d’améliorer les connaissances des groupes cibles sur les cancers du col de l’utérus et du sein, de les inciter au dépistage régulier par frottis cervico-utérin ou test HPV.
A travers des projections, des posters de citrons montrant les différents signes et symptômes du cancer du sein et du col de l’utérus, les cibles ont été édifiées sur le fléau. Des exercices pratiques leur ont permis de mieux s’adapter aux différentes techniques d’auto-consultation et aux premiers gestes à adopter en cas de présence de symptômes.
Comprendre le cancer du sein pour mieux agir

Le président de la Fédération togolaise des organisations de lutte contre les maladies non transmissibles au Togo (FETO-LMNT), Dr. Kouvahey Damien, formateur, a défini le cancer du sein, comme étant « le développement anormal des cellules au niveau du sein dû à diverses causes, entre autres, les hormones et l’âge ». Selon lui, plus on avance en âge, plus le risque augmente. « Aujourd’hui, le cancer existe parce qu’on mange trop sucré, trop salé, trop gras, avec beaucoup de toxiques, buvons assez d’alcool, consommons trop de tabac sans faire assez d’activités physiques», a-t-il dit.
Dr Kouvahey a fait savoir que le cancer du sein apparait sous les signes d’un nodule avec saignement, une peau d’orange, ou un sein qui grossit plus que l’autre et change de forme. Il a exhorté les jeunes filles à l’autopalpation pour mieux découvrir leurs seins. Dès qu’il y a un petit signe, il a-t-il précisé, il faut se rendre à l’hôpital. Le spécialiste a enfin insisté sur les gestes qui sauvent notamment, dormir suffisamment, faire de l’activité physique et surtout, ne jamais utiliser de pommades pour faire grossir les seins.
Que retenir du cancer du col de l’utérus
Concernant le cancer du col de l’utérus, le docteur Kouvahey a indiqué que c’est « un virus, appelé le papillomavirus humain (HPV) qui peut rester au niveau du col pendant 10 à 15 ans et se multiplie pour donner des lésions aboutissant au cancer ». Il a demandé aux jeunes filles d’éviter les rapports sexuels précoces, de ne pas multiples de partenaires, et de ne pas introduire certains produits chimiques dans l’anus pour faire grossir les fesses ou dans le vagin pour plus de plaisir, car ces pratiques dangereuses favorisent le cancer du col. « Il faut aussi pratiquer la bonne hygiène et surtout à aller se faire dépister régulièrement par frottis ou test HPV », a-t-il conclu.
Le directeur des ressources humaines à la BB Lomé, Johnson Efoua, a souligné que par cette activité, la BB Lomé entend faire des serveuses de bars des ambassadrices ou des porte-voix de ces messages pour freiner l’avancée du cancer du sein et du col de l’utérus. « L’action est assumée car au-delà de l’usine, l’entreprise tient à promouvoir le bien-être à travers des actions citoyennes », a-t-il précisé.
La présidente du syndicat des tenanciers de bars de Kara, Mme Balouki Yaouda a exprimé sa satisfaction. « Aujourd’hui nous avons réalisé que le cancer est une réalité, ce n’est pas une fatalité. Nous sommes très contentes et demandons que ces rencontres soient organisées chaque année », a-t-elle souhaité.
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