Lomé, 20 nov. (ATOP) – Une cérémonie symbolique d’hommage et de reconnaissance de la participation et du rôle des femmes togolaises dans les opérations de maintien de la paix et de la sécurité en Afrique s’est déroulée, le jeudi 19 novembre à Lomé dans le cadre du vingtième anniversaire de la résolution 1325 du conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.
Cette manifestation a été organisée par le ministère des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté et des Relations avec les Institutions de la République (MDHFCRIR) en collaboration avec les ministères en charge des Armées, de la Promotion de la Femme et le Réseau paix et sécurité pour les femmes de l’espace CEDEAO (REPSFECO)-TOGO. Elle a bénéficié de l’appui financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
L’objectif est de promouvoir la participation des femmes aux mandats des opérations de consolidation et maintien de la paix. Il s’est agi, de façon spécifique, d’encourager les efforts des femmes togolaises dans les opérations de maintien de la paix sur le continent et les inciter à s’engager davantage dans ces opérations. Il a été aussi question d’apporter un soutien moral à ces femmes et rendre hommage aux Togolais décédés lors des opérations de maintien de la paix.
La cérémonie a été marquée par le dépôt de gerbe de fleurs en mémoire des compatriotes morts au service de la paix par le ministre des Armées, Mme Marguerite Gnakadè ; la présentation des messages de la résolution 1325 ; la présentation des messages de paix dans cinq langues des régions du Togo et une séance de lâcher de ballons.
La déclaration 1325 du conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 31 octobre 2000, vise à protéger les femmes et jeunes filles contre les violences sexuelles, notamment pendant et après les conflits armés. Ce document réaffirme le rôle crucial des femmes dans la prévention, résolution des conflits et la consolidation de la paix. Cette déclaration véhicule des messages tels que : encourager l’équité genre dans les négociations de paix ; les violences sexistes contre les femmes doivent être condamnées ; encourager la participation des femmes au processus de maintien de la paix et exhorter à un renforcement des activités liées à la parité des sexes.
«20 ans après l’adoption de la déclaration 1325, il est clair que les choses ont bougé mais beaucoup reste à faire, car, il est plus évident que les premières victimes des situations conflictuelles étant les femmes et les enfants, la femme a son rôle à jouer dans la recherche, le maintien et le renforcement de la paix », a indiqué le ministre des Armées. Elle a précisé que c’est pour cela au Togo, le père de la Nation, feu Gnassingbé Eyadéma a intégré la problématique de la femme dans toutes les politiques afin de lui donner toute sa place dans la construction d’une société harmonieuse et soucieuse du bien-être de ses filles et fils. L’oratrice a ajouté que la feuille de route 2020-2025 place encore la femme dans le processus d’édification d’une nation togolaise forte. Selon Mme Gnakadè, les femmes ont été toujours des actrices de paix dans l’humanité et c’est la raison pour laquelle la présence du personnel militaire féminin dans l’armée togolaise est en nette augmentation de même que dans les opérations de maintien de la paix et ces efforts seront poursuivis pour l’atteinte des objectifs de l’ONU.
Aux dires du ministre des Droits de l’Homme, Trimua Christian, la résolution 1325 se résume en ces mots « les femmes sont à la fois des vulnérabilités et également des opportunités » ; vulnérabilité car en temps de conflit, les femmes et les enfants sont victimes mais la femme est aussi le meilleur moyen d’atteindre le moral des hommes.
La femme a des talents et des dons par qui aux côtés de ceux des hommes, lui permet d’apporter un plus à la résolution des conflits. Le ministre a aussi rappelé les efforts du Togo dans la promotion du genre dans les armées ; entre autre, les grandes réformes initiées dans l’armée avec les nouveaux statuts et la refondation des armées.
Pour sa part le représentant résident du PNUD, Aliou Mamadou Dia, a révélé que cette manifestation est pour saluer les femmes et hommes qui servent actuellement dans les missions de maintien de la paix dans le monde entier pour leur sacrifice, courage, ténacité, et qualité ainsi que pour la protection des vulnérables. Pour lui, les femmes ne doivent pas être uniquement considérées comme des victimes mais au contraire comme des actrices et instauratrices de la paix car, elles ont un rôle décisif dans le processus de la tolérance et la non-violence. « La participation accrue des femmes dans les opérations de maintien de la paix permet d’améliorer l’efficacité des missions, assurer un meilleur accès aux communautés locales et une meilleure promotion des droits de l’Homme et la protection des civils », a dit M. Dia.
Dans son mot de bienvenue, le chef d’Etat-major général, Gal de division Felix Kadanga a rappelé que les premiers personnels militaires féminins des forces armées togolaises ont été incorporés en 1996 pour le compte du service de la santé des armées et en 2007 pour le compte de l’institution militaire dans sa totalité. « Depuis lors, leur effectif ainsi que leur participation à la mission de défense d’intégrité du territoire ont progressivement évolué au point que le personnel militaire féminin qui représente à ce jour, 8% de nos effectifs constitue un maillon important dans le fonctionnement des forces de défense et de sécurité. Parmi nos militaires projetés sur les théâtres d’opérations extérieures, 6% environ sont des femmes et font preuve de professionnalisme unanimement salué », a fait savoir le Gal Kadanga.
La présidente du REPSFECO-TOGO, Mme Jeannine Agounké a souligné que la participation des femmes au maintien de la paix est efficace et mérite d’être pris au sérieux, sa présence dans le maintien de la paix est un catalyseur pour la mise en œuvre des programmes en matière de paix et sécurité d’où la présence des femmes soldats. Elle a ajouté que le réseau se propose à contribuer aux efforts des autorités du secteur de la défense et la sécurité par des sensibilisations, formations, éducation sur la thématique de promotion de la paix puis fournir des appuis techniques au cours des formations de renforcement de capacités des femmes en uniforme.
Lancé le 11 novembre 2011, le REPSFECO –TOGO a pour but de promouvoir le partenariat stratégique pour l’autonomisation des femmes, l’équité et l’égalité de chance des deux sexes en matière de paix et sécurité en Afrique. Il a pour tâche de coordonner et optimiser les rôles des femmes dans la prévention des conflits ; le maintien de la paix et sécurité ; des opérations de reconstruction et de survie ; la promotion de droits de l’homme et des femmes ; participation des femmes et d’autres groupes vulnérables pour une paix durable dans l’espace CEDEAO.
ATOP /CA/BV






