Lomé, 10 déc. (ATOP) – La Plateforme des organisations de défense des droits des employés domestiques au Togo (PODDED) plaide pour la ratification par l’Etat, de la Convention 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) à travers une conférence de presse tenue le jeudi 10 décembre à Lomé.
Dans la déclaration liminaire lue par le coordinateur de cette plateforme, Gbédey Brice, la PODDED demande à l’Etat de ratifier la Convention 189 de l’OIT relative au travail décent des travailleurs domestiques ou de prendre un arrêté pour protéger leurs droits. Elle plaide aussi pour l’application des dispositions de la recommandation 201 de l’OIT pour faciliter l’accès au travail décent à tous les employés domestiques opérant au Togo et particulièrement ceux qui travaillent chez les expatriés. La PODDED demande également à l’Etat de garantir un travail décent à tous les travailleurs domestiques par une collaboration formalisée entre les représentants diplomatiques et les services techniques compétents du Togo.
Selon le président national de la PODDED, Dr Tsolényanu Komi Agbéko cette rencontre avec la presse vise à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’améliorer le cadre juridique régissant le travail domestique au Togo afin de protéger les travailleurs domestiques et surtout ceux qui opèrent auprès des expatriés, des fonctionnaires internationaux et autres personnalités. Il a relevé que le travail domestique, malgré son importance morale et sociale, n’est pas élevé au rang des autres professions et que les employés du secteur sont souvent victimes de toutes sortes d’injustice. « Beaucoup d’entre eux n’ont pas de contrat de travail, ne perçoivent pas le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), n’ont pas de repos hebdomadaire et ne sont ni déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ni membres d’une mutuelle de santé », a-t-il indiqué.
A cela, dit Dr Tsolényanu, s’ajoute les abus et les violences de toutes sortes souvent rapportés par les organisations de défense des droits de l’Homme et les organisations de défense des droits des travailleurs domestiques. « Cette Convention non ratifiée par l’Etat togolais fragilise les travailleurs domestiques dans la revendication de leurs droits et accroît leur vulnérabilité », a-t-il ajouté. Pour Dr Tsolényanu, les difficultés rencontrées par les employés du secteur du travail domestique sont valables aussi bien chez les nationaux que chez les expatriés avec une violation spécifique récurrente dont sont victimes ceux opérant chez les expatriés. Il s’agit, entre autres, d’une dévalorisation du travail domestique dû au fait que la majorité des employeurs expatriés estime cette main d’œuvre trop bon marché et par conséquent de moindre importance ; la difficulté pour les travailleurs domestiques d’adhérer à des syndicats pour mieux défendre leurs droits et l’usage de certaines pratiques qui sont en déphasage avec les réalités culturelles du pays pouvant porter atteinte à leur intégrité physique ou morale.
Créée en 2014, la PODDED œuvre dans les domaines de la protection sociale et de la promotion professionnelle des travailleurs/travailleuses domestiques. Elle regroupe des associations, des ONG et des syndicats intervenant dans le recrutement, la formation, le placement, le suivi, l’assistance, la sensibilisation et le plaidoyer.
ATOP/DHK/OAF






