Lomé, 25 oct. (ATOP) – Le 4è Sommet Mondial des Filles organisé par Plan International et ses partenaires a pris fin, le vendredi 22 octobre à Lomé, « sur une note de satisfaction générale ». Des recommandations ont été faites allant dans le sens de la promotion et du respect des droits de la jeune fille, et les dirigeants du monde entier exhortés à les mettre en application.
La question du respect des droits des filles et de l’égalité de genre était au centre des préoccupations des participants à ce sommet qui a réuni une centaine de filles venues de 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et 3000 autres en ligne à travers le monde entier. Ces assises, tenues pour la première fois en Afrique, ont débouché sur des résolutions, recommandations et sur une exhortation à l’endroit des dirigeants du monde entier à les mettre en pratique pour mettre fin aux discriminations dont sont victimes les filles dans le monde.
Le Sommet a été présidé, au nom du chef de l’Etat, par la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Yawa Djigbodi Tsègan. C’était en présence des membres du gouvernement, de la première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré des commissaires genres de la CEDEAO et de la CEMAC, des partenaires techniques et financiers et des représentants des organisations de la société civile (OSC).
Cet évènement a permis aux jeunes filles participantes de faire valoir leurs droits, d’écouter des engagements de la part des autorités et de se mobiliser pour leurs droits. C’était aussi l’occasion pour ces jeunes filles de participer aux débats les concernant afin de pouvoir vivre dans un monde plus juste et égalitaire.
Respect des droits des filles et des femmes : les actions encore insuffisantes
Présentant la synthèse des travaux, les déléguées ont noté assez d’avancées en matière de promotion et de protection des droits des filles. Au nombre de ces avancées, elles ont cité, entre autres, le centre d’accueil et d’orientation des filles en situation de vulnérabilité et la gratuité des méthodes contraceptives pour les jeunes au Burkina Faso ; la présence des femmes dans les instances de prise de décision au Togo ; l’implication des femmes dans toutes les politiques développées, la promotion de l’égalité genre et la lutte contre les violences basées sur le genre par l’Union européenne (UE). Elles ont également relevé les programmes intégrés et participatifs pour les jeunes développés par Plan International, ainsi que l’accompagnement des initiatives entrepreneuriales des femmes et jeunes par Orabank et Ecobank.
Tout en se réjouissant de toutes ces avancées en matière du respect fondamental de leurs droits, les déléguées demandent encore plus parce qu’elles estiment que les actions sont encore insuffisantes. Aussi, ont-elles, recommandé, en se basant sur les différents engagements qui ont été pris lors de ce Sommet, la mise en place de la chaine de protection contre toutes les formes de violences à l’égard des filles et des jeunes femmes ; l’harmonisation des textes de lois et leur mise en œuvre à tous les niveaux ; l’écoute , l’implication et la prise en compte des structures des jeunes ; la mise à disposition des services sanitaires adaptés et leur implication dans la mise en place du parlement des jeunes. « Nous demandons à la présidente de l’Assemblée nationale de bien vouloir transmettre cette note de recommandations à tous les gouvernements présents ici pour que nous fassions du respect des droits des filles une réalité dans nos différents pays », ont-elles plaidé, en remettant à Mme Tsègan, la note de recommandations.
Dans la feuille de route proposée au Sommet, les OSC ont, par la voix de la secrétaire générale du Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), Mme Michelle Aguey, réaffirmé leur engagement aux côtés des gouvernants pour la réalisation des objectifs d’inclusion, de l’égalité et d’équité genre. Elles ont également plaidé pour le renforcement du cadre légal relatif aux violences basées sur le genre et la protection des dénonciateurs. Les OSC ont aussi souligné la nécessité de renforcer les capacités entrepreneuriales des femmes et des jeunes filles, à travers la mise en place de mécanismes de financements souples et inclusifs et des outils technologiques innovants. Elles ont en outre, souhaité le partenariat entre les OSC Nord-Sud et Sud-Sud pour offrir aux jeunes filles des opportunités d’apprentissage multi sectorielles et l’amélioration des méthodes d’éducation, de formation et de communication de manière à rendre les jeunes et surtout les filles employables y compris dans l’auto emploi. Les acteurs de la société civile ont, enfin, recommandé l’extension des réseaux de communication, la réduction des coûts forfaitaires et l’accès à l’internet, le soutien aux programmes de lutte pour l’égalité genre dans tous les pays, le développement de programmes d’éducation en développement personnel sur les stéréotypes socio-culturels défavorables à l’engagement des filles
Seule une synergie d’actions mettra fin aux discriminations à l’égard des filles et des femmes
Clôturant ces discussions, la présidente de l’Assemblée nationale a salué la qualité des débats, la pertinence des idées développées et la richesse des différents partages qui augurent, selon elle, d’une meilleure prise de conscience individuelle et collective, sur la nécessité de revoir la situation des filles dans le monde.
« Les conclusions auxquelles les travaux ont abouti, les diverses propositions et recommandations recueillies nécessitent la mise en place d’un mécanisme de concertation efficace, dans la continuité de ce sommet, en vue de faire le suivi de leur mise en œuvre. En effet, comme l’ont réitéré à maintes
reprises durant ce sommet la quasi-totalité des intervenants, seule une synergie d’action renforcée à travers une chaîne de partenariat dynamique et multi-acteurs, permettra d’induire des changements notables à tous les échelons de nos sociétés. De la cellule familiale à la vie professionnelle, en passant par l’école et la formation, soyons tous des artisans de l’équité et de l’égalité de genre, au profit d’une société plus juste, gage de progrès et de stabilité sociale », a souligné la présidente de l’Assemblée nationale.
Mme Tsègan a rendu hommage à Plan International, aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’aux OSC pour la tenue de ce sommet à Lomé. Elle a réaffirmé la détermination du Togo à poursuivre les efforts entrepris pour l’équité et l’égalité du genre.
Les défis du 4è Sommet des Filles à Lomé
Visiblement « satisfaite » du déroulement de ce sommet, la représentante-résidente de Plan International au Togo, Mme Awa Faly Ba, a témoigné sa gratitude à tous ceux qui ont œuvré à son succès. « Pour nous, c’était comme grimper le mont Agou. Nous sommes arrivés au sommet en relevant beaucoup de défis dont la pandémie de la COVID-19, la logistique, la technologie, le soutien institutionnel. Nous saluons l’engagement de nos filles qui se sont impliquées avec audace, en tendant la main aux générations antérieures. Notre devoir est d’éduquer cette génération qui nous apportent également quelque chose et nous éclaire sur ses attentes, impatiences légitimes et son extrême capacité à améliorer notre monde », a-t-elle confié. Mme Ba a apprécié l’initiative de la CEDEAO de mettre en place un parlement des jeunes. A cet effet, elle a exhorté tous les acteurs à s’engager dans cette lutte, mais aussi, à faire des conclusions de ce Sommet, une réalité pour les générations présentes et futures. La représentante-résidente de Plan International au Togo a félicité le président Faure Gnassingbé pour son leadership en faveur de la promotion de la femme, qui lui valut la distinction honorique de l’ONU Femmes. Mme Ba a réitéré la disponibilité de son institution à continuer de soutenir le Togo dans ses politiques, notamment en faveur de la promotion et de la protection des droits des jeunes filles et des femmes.
Ce 4è Sommet a pris fin par la remise d’attestations de participation à tous les délégués des pays.
ATOP/MEK/AR






