Tandjouaré, 23 déc. (ATOP) – Les ONG Action pour la Jeunesse d’Afrique (AJA), Education-Développement (E-D) et Club des Amis du Village (CAV) ont organisé un atelier régional de capitalisation des acquis du projet « Appui à la promotion de la meule casamançaise dans les grands bassins d’exploitation du Togo (AProMeCa-TOGO) », le mercredi 22 décembre à Tandjouaré.
Cette rencontre a permis de présenter une analyse succincte de la situation nationale en matière de carbonisation en mettant en exergue les bonnes pratiques et les faiblesses de l’intervention dans la région des Savanes aux différentes parties prenantes. Il a été aussi question de recueillir les orientations pour une implémentation de l’action.
Démarré en octobre 2018 pour trois années de mise en œuvre, ce projet a pour objectif global de rendre plus efficace l’utilisation de la ressource biomasse et de la filière bois-énergie pour accompagner une transition énergétique vers une économie plus sobre en carbone. Il s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la lutte contre les changements climatiques (PALCC) mise en œuvre par le gouvernement togolais avec l’appui de l’Union Européenne. Ce programme vise à réduire la vulnérabilité climatique du Togo et améliorer le contexte institutionnel en lien avec les changements climatiques.
Le projet AProMeCa-Togo a permis d’identifier 210 producteurs du charbon de bois dans 14 localités de la région des Savanes dont 8 dans Tandjouaré, 2 dans Kpendjal-Ouest, 3 dans l’Oti et 1 dans l’Oti-Sud. Les 210 charbonniers(ères) sont organisés en 14 coopératives bois-énergie de 15 membres, équipés de cheminées et accessoires de la meule casamançaise améliorée. Ils ont été ensuite formés sur la technique de la meule casamançaise améliorée. 10 tôliers issus des préfectures de l’Oti, Tandjouaré, Tône et Kpendjal-Ouest ont été également formés sur la fabrication des équipements de la meule casamançaise améliorée. Le projet a aussi permis d’acquérir 2.655 plants à vocation bois-énergie (neem et anogeissus) et de mettre en place 6,60 hectares de plantation à vocation bois-énergie dans les 03 localités dont 5, 01h à Nolbagou, 0,81ha à Bagou, et 0,78ha à Kumbog.
Les résultats obtenus sont, entre autres, la professionnalisation des producteurs du charbon de bois (organisation et formalisation des coopératives bois-énergie), la vulgarisation de la technique de la meule casamançaise améliorée et l’initiation des producteurs du charbon de bois au reboisement à vocation bois-énergie.
Les bonnes pratiques qui ont été identifiées concernent le système Taugya qui permet de protéger les plantations contre les feux de végétation, le pâturage et les caprices humains. Le choix des essences comme le neem et l’anogeissus dans le cadre de la mise place des plantations à vocation bois-énergie a été adopté. Ce projet a complété et actualisé les données disponibles sur les bassins de production du charbon de bois dans la région des Savanes, notamment à Sadori, Mampourgou, Bagou, Tampialim, Mogou et Namoudjoga et a permis à l’administration forestière des Savanes d’avoir une base de données des charbonniers de certains bassins de production du charbon de bois par préfecture.
Les difficultés rencontrées sont relatives à la méfiance de certains charbonniers pendant l’identification et la mise en place des coopérative bois-énergie surtout dans l’Oti et l’Oti-Sud. Une autre difficulté, c’est la réalisation de certaines activités surtout le suivi dû à la zone de couverture du projet très vaste. On note aussi le coût élevé des plants et l’éloignement des pépiniéristes dans la région sans oublier le problème foncier.
L’adjoint au maire de Tandjouaré 1, Kombate Boudka et le représentant du directeur régional de l’Environnement des Savanes, Sokou Yawa ont exprimé leur gratitude au gouvernement et aux partenaires en développement pour la mise en œuvre de ce projet dans la région des Savanes qui vit les effets du changement climatique de jour en jour.
Selon le coordonnateur de l’ONG E-D, Memen Abdourazak, il a été prouvé que les méthodes de production et d’utilisation du charbon de bois employées dans le pays ne sont pas durables. Il a fait remarquer que les producteurs exploitent de plus en plus du bois vert sans permis de coupe. De plus, précise-t-il, « les techniques de carbonisation utilisées restent encore traditionnelles et donc très peu efficientes avec des rendements de l’ordre de 10%. C’est donc pour apporter une réponse nationale et durable aux problèmes liés à la filière bois-énergie et aux défis posés par les changements climatiques que le projet AProMeCa-Togo est mis en œuvre ». M. Memen s’est réjoui des résultats obtenus et de la collaboration qui a existée entre toutes les parties prenantes au cours de ces 3 années de mise en œuvre.
ATOP/GS/KYA






