Sokodé, 12 mai (ATOP) – La 5e étape d’indemnisation des victimes non vulnérables éligibles des troubles sociopolitiques de 1958 à 2005 de la région Centrale a démarré, le lundi 9 mai à Sokodé.
Cette opération qui va durer une semaine permettra à une délégation du Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) conduite par Me Joseph Kokou Koffigoh d’indemniser 1.219 victimes des troubles sociopolitiques et de violations graves des droits de l’Homme venues des préfectures de Blitta, Sotouboua, Tchamba, Mô et Tchaoudjo.
L’objectif de cette opération est de panser les plaies et les blessures, d’essuyer les larmes, de réparer les torts causés, de faire justice à ces victimes des troubles sociopolitiques qu’a connu le Togo de 1958 à 2005. Il s’agit d’apaiser les rancœurs, de donner un espoir de vie, de réconcilier les familles et de ressouder le tissu social déchiré lors des actes de violence à ces victimes.
En expliquant cette opération d’indemnisation, Me Koffigoh a fait comprendre que l’ère avant et après l’indépendance du Togo a été émaillée de violences et des événements tragiques sur la terre de nos aïeux suite à des incompréhensions qui ont entrainé des affrontements physiques pour accéder au pouvoir surtout après la mort du président Gnassingbé Eyadema, le 5 février 2005. Ces événements malheureux, a-t-il dit, ont entrainé des morts, des blessés, des biens détruits, des maisons cassées et des exilés. « C’est alors que les autorités ont pensé à la création d’une stratégie pour apaiser les tensions et apporter du réconfort aux victimes et c’est à l’issue des réflexions menées que la Commission vérité justice réconciliation (CVJR) a vu le jour », a déclaré Me Koffigoh.
Cette commission a envoyé des émissaires pour recenser les victimes dans tous les coins du Togo. A l’issue de ce recensement, un rapport a été remis au chef de l’Etat qui a décidé de la création du HCCRUN pour indemniser les victimes au nombre de 40.000 sur toute l’étendue du territoire.
Me Koffigoh a indiqué que des mesures sont prises pour que les victimes identifiées puissent entrer dans leurs droits. Il a cité l’huissier de justice pour contrôler et vérifier l’identité des victimes, des psychologues pour des problèmes de santé et de sentiment après la remise du chèque, le comité de gestion pour contrôler les fonds mis à la disposition du HCRRUN et des informaticiens.
Au-delà de l’argent que les victimes auront, c’est une nouvelle vie de pardon, de tolérance, d’amour, de réconciliation entre tous les fils de la patrie pour bâtir main dans la main un Togo nouveau et émergent, a déclaré M. Koffigoh. Il a rappelé que pour entrer en possession du chèque, chaque victime doit présenter soit une carte d’identité, un passeport, un permis de conduire ou une carte d’électeur. Après avoir encaissé son chèque, elle est suivie par un psychologue.
Auparavant, le secrétaire général de la préfecture de Tchaoudjo, Daro Ouro- Akondo, avait remercié le chef de l’Etat pour cette initiative. Il a félicité la délégation du HCRRUN pour le courage et la qualité du travail abattu depuis le début de cette opération au Togo. Il a aussi félicité les victimes pour leur présence qui démontre leur ferme engagement pour bâtir un Togo prospère dans la tolérance, le vivre ensemble, la cohésion sociale et surtout la paix.
Toutes les victimes indemnisées ont prôné le pardon et la réconciliation pour une nouvelle vie au Togo.
ATOP/FA/OAF






