Lomé, 17 mai (ATOP) – Le parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) organise, du 16 au 20 mai à Lomé, une réunion délocalisée sur le thème « Les modalités de mise en œuvre pratique des articles 9 et 11 de l’Acte additionnel du Parlement relatif à l’examen des rapports d’audit de la Communauté ».
Quatre des quatorze commissions permanentes du Parlement à savoir les commissions comptes publics ;administration, finances et budget ; politique macroéconomique et recherche économique ; commerce,douane et libre circulation constituées en une Commission mixte, pilotent la réunion.
L’objectif est de permettre aux membres de la Commission mixte d’examiner, de comprendre et de s’approprier la mise en œuvre des articles 9 et 11 de l’acte additionnel du Parlement relatif à l’examen des rapports d’audit des agences et institutions de la Communauté. Il s’agit aussi de renforcer et consolider la collaboration entre les institutions, le bureau de l’auditeur général et le Parlement de la CEDEAO dans la mise en œuvre des articles 9 et 11 de l’Acte additionnel relatif au renforcement des prérogatives du Parlement puis de proposer des mesures devant assurer leur bonne mise en œuvre.
Conformément à ces articles, les rapports d’audit annuel des organes et institutions de la CEDEAO font partie desdomaines pour lesquels le Parlement doit être obligatoirement saisi pour émettre son avis. L’objectif de cetexercice est de contribuer à promouvoir la reddition des comptes et la bonne gouvernance au sein des institutions et agences communautaires.
Les communications des experts invités mettront l’accent sur l’importance de l’intervention des parlementaires dans le processus de contrôle et de promotion de la transparence dans l’utilisation des ressources de la Communauté. Elles porteront, entre autres, sur les délibérations sur rapport d’audit annuel consolidé des institutions de la communauté ; la communication de la commission de la CEDEAO sur la lettre de recommandations de l’audit adressé à la direction, au titre de l’exercice 2020 ainsi que sur le règlement financier et manuel de procédures comptables de la CEDEAO et de la délibération sur la lettre de recommandation de l’audit adressée à la direction.
La vice-présidente du Parlement de la CEDEAO, Mme Ibrahima Mémounatou a indiqué que le choix de ce thème est d’un grand intérêt dans la mesure où il amène les participants à explorer des pistes nouvelles visant à approfondir notre connaissance afin de redonner tout son sens au chapitre II de l’acte additionnel relatif au renforcement des prérogatives du Parlement de la CEDEAO adopté le 17 décembre 2016 à Abuja. « L’exigence d’une implication et d’une saisine obligatoire du parlement, sur le fondement des articles 9 et 11 de l’Acte additionnel relatif au renforcement des prérogatives du parlement de la CEDEAO, est un critère matériel et non formel de validation des programmes communautaires », a dit Mme Ibrahima.
A quoi sert cette réunion ?
Pour la vice-présidente du Parlement de la CEDEAO, cette réunion permettra aussi de réfléchir sur la nécessité pour le Parlement de la CEDEAO, en se fondant toujours sur l’acte additionnel, de se positionner comme une force de soutien aux présidents et aux chefs de gouvernement à lutter efficacement contre l’insécurité et les menaces de tout genre qui secouent actuellement la sous-région. « Le parlement du Togo pour sa part continuera de proposer des pistes de solutions et de soutenir les actions de développement et de paix menées par le président de la République, Faure Gnassingbé, » a ajouté Mme Ibrahima qui est également la 2ème vice-présidente du parlement du Togo.
Pour le coprésident de la commission mixte, Youssoufou Bida, la bonne gouvernance exige des institutions crédibles et dignes de confiance, fondées sur les principes de transparence et de redevabilité. Pour lui, la notion de redevabilité va au-delà de la simple responsabilité dans la réalisation d’une tâche ou dans la prestation d’un service. Elle signifie également l’obligation de rendre des comptes si un service n’est pas fourni dans les délais et de manière efficace au point de devenir un fardeau. Il est du droit, mais aussi du devoir des citoyens de l’exiger.
Définition et importance de l’audit
« L’audit est un instrument, un outil de contrôle financier, qui est utilisé par le secteur public ou privé ou par tout individu pour se mettre à l’abri de la fraude, des extravagances et surtout pour apporter de la crédibilité à la personne morale ou physique soumise à l’audit », a dit M. Youssoufou. Il a indiqué que selon l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques, l’audit est défini comme « l’évaluation ou l’examen des systèmes, des opérations et des activités d’une entité spécifique pour vérifier qu’ils sont exécutés, ou qu’ils fonctionnent dans le cadre d’un certain budget, selon des objectifs, des règles et des exigences ». Il s’agit, dit-il, d’une définition moderne de l’audit dans le secteur public, qui ne se limite pas à l’audit de la trésorerie comme c’était le cas à l’origine.
« L’audit fait partie du système permanent de contrôle et d’évaluation dans les grandes organisations. La volonté de transparence dans la gestion des Institutions de la CEDEAO est concrétisée par la création récente du Bureau de l’auditeur général qui est une institution, indépendante des autres institutions de la CEDEAO », a relevé M. Youssoufou.
ATOP/SED/AOF






