Niamtougou, 14 juil. (ATOP) – D’une superficie de 180 km2 pour une population estimée à environ dix milles habitants venus de la préfecture de la Binah, le canton d’Agbandé-Yaka est située dans la préfecture de Doufelgou, (commune Doufelgou I), dans la région de la Kara.
Il est géographiquement limité au Nord-Ouest et à l’Est par le canton de Niamtougou, au Sud par la préfecture de la Kozah, et à l’Ouest par le canton d’Alloum.
Le canton comptait à sa création en 1972, deux grands villages, notamment, Agbandé et Yaka, lesquels sont subdivisés aujourd’hui en quatorze petits villages (Yaka, Kalgnia, Tablio, Agniotè, Sankpala, Kpoussoutè, Agbandé, Tchamtè, Howasse, Doulou, Mawouro, Laapio, Kahoukou et Aworo). Son premier chef fut Tassou Sio, qui a régné jusqu’en 1990. Selon les informations recueillies, « Agbandé » signifie « le lieu des fers » et « Yaka » veut dire « lancer le ». Le dialecte parlé aujourd’hui c’est le Lamba.
Les activités socioéconomiques dans le canton d’Agbandé-Yaka sont diversifiées. L’agriculture occupe la première place et l’élevage des volailles et des petits ruminants (chèvres, moutons) vient en second plan. On y cultive le haricot, le sorgho, le mil, le manioc, le maïs, l’igname et surtout le fonio. A tout cela s’ajoute la culture du soja.
Au regard de la forte productivité du fonio, une unité de transformation a été implantée et le produit transformé est exporté vers d’autres localités du pays, voire vers l’étranger.
Le canton regorge de nombreux sites touristiques qui attirent les touristes. Il s’agit de la cascade de Yaka, des monts Koumakou d’Agbandé et le dispensaire Jean Paul II construit en 1987.
Historique des luttes Evala dans le canton
Le chef du canton d’Agbandé-Yaka, Kpassango Bahomatèma, faisant l’historique des luttes Evala dans le canton, a révélé « les luttes traditionnelles Evala existaient dans le canton au temps de nos aïeux. A un moment donné, les luttes avaient cessé parce que les anciens avaient remarqué que les personnes de mauvaise foi usaient de leurs forces maléfiques pour capturer et garder sur les arènes de lutte, les âmes des initiés, qui une fois, terrassés mouraient. Alors d’un commun accord avec les anciens, les luttes ont été suspendues dans le canton ».
Des cérémonies pour conjurer le maléfice
Poursuivant le chef Kpassango a ajouté « En janvier 2002, je faisais partie d’une délégation des chefs de la préfecture de Doufelgou qui ont été invités par feu président Gnassingbé Eyadema à une rencontre dans son palais à Pya. Lors des causeries, il a fait cas des luttes dans le Doufelgou. Le feu président a cherché à savoir pourquoi l’on ne lutte plus à Doufelgou. Je lui ai fait savoir que dans mon canton on luttait avant et suite à une situation, l’on a cessé de le faire. C’est de là que le Père de la nation nous a encouragés à reprendre ce rite. Suite à cette rencontre, j’ai réuni tous les chefs village et les sacrificateurs pour faire des rituels dans les lieux sacrés et sur le terrain de lutte. Ceci pour conjurer le maléfice et demander l’autorisation aux ancêtres pour relancer en juillet 2002 à nouveau les luttes dans le canton. Pendant cette période les jeunes en âge de lutter ont été entretenus et encourager à revaloriser cette tradition ancestrale ».
Ce jeudi 14 juillet, le canton connaîtra sa finale de lutte Evala. Celle-ci opposera les lutteurs d’Agbandé-Yaka Bas à ceux d’Agbandé-Yaka Haut.
ATOP/SG/BA






