Lomé, 3 août (ATOP) – Le professeur d’histoire d’art à l’Université technique de Berlin, Bénédicte Savoy a animé en présentiel et en visio-conférence, une conférence d’actualité le mardi 2 août à Lomé, sur le thème « Le retour en Afrique du patrimoine spolié par les puissances coloniales. Un combat de plus de 50 ans ».
La rencontre est initiée par la direction de la recherche et de l’innovation de l’Université de Lomé. Elle a permis d’interpeller les gouvernements et d’éveiller la conscience de l’opinion publique sur le retour en Afrique du patrimoine spolié par les puissances coloniales.
Dans son exposé sur le thème, le professeur Benedicte Savoy a évoqué les efforts des historiens, archéologues et écrivains africains dont Kokou Azamédé du Tofo, Eko Eyo du Nigeria, Tirmiziou Diallo de la Guinée et Paulin Joachim du Bénin dans la lutte sans succès du retour de ces patrimoines. L’oratrice a mentionné que cette restitution se concrétise en Afrique sub-saharienne avec l’exemple de la République du Bénin à qui la France a restitué solennellement 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey. « Il y’a surement un changement psychologique dans les opinions publiques et dans certaines institutions publiques en Europe dans ces cinq ou six ans alors que pendant cinquante ans les institutions ont résisté à la demande des Africains de récupérer leur patrimoine. ». Elle a fait remarquer que d’autres Etats comme l’Allemagne, la Belgique et la Grande Bretagne ont commencé à faire le pas dans le cadre de cette restitution. Pr Savoy a rappelé que cette volonté des occidentaux de restituer aux Africains leurs biens résulte de la bonne cohabitation des peuples et de la nécessité de réparer et de solder les actions traumatisantes du passé.
Le modérateur de la conférence, le juriste et ministre de la Communication et des médias, Pr. Akodah Ayéwouadan a souligné que le retour du patrimoine africain spolié par le colon est indispensable, car ayant un enjeu mémorial et politique. « Aujourd’hui beaucoup de questions se posent autour de cette actualité. Les objets restitués sont-ils authentiques ? Comment seront-ils restitués ? Quel sera l’état d’âme des Africains au retour de ce patrimoine ? Faut-il une compensation ? ». Le ministre a rassuré l’auditoire des démarches en cours pour que le Togo comme les autres pays africains concernés entrent dans leurs droits.
Le directeur de la recherche et de l’innovation, Pr. Joseph Tsigbé a rappelé que cette conférence fait suite à une rencontre entre les enseignants chercheurs de la République d’Allemagne et ceux de l’Afrique en mars dernier à Lomé sur la thématique. « Nous avons résolu au cours de cet atelier que des conférences d’approfondissement soient organisées pour éclairer la lanterne des gouvernants, lancer le débat, faire des recommandations et donner matière à décision au pouvoir public ». Il a précisé qu’il s’agit d’approfondir les discussions pour que le ministère de la Culture et du tourisme du Togo qui se lance dans le débat du retour du patrimoine togolais, puisse avoir des arguments et de la matière pour bien mener la lutte.
Des enseignants chercheurs, des responsables des institutions publiques et privés et des étudiants de l’Université de Lomé ont pris part à cette rencontre.
ATOP/MG/KYA






