
Les escaliers que nous empruntons de jour comme de nuit pour monter et descendre de nos maisons et autres immeubles sont des sources ignorées de maladies articulaires et de divers accidents. M. Yves Sylvestre Koffi (YSK), ingénieur de conception en génie civil, chef division assurance qualité à l’Office Togolaise des Recettes (OTR) relève, dans une interview accordée à l’Agence Togolaise de Presse (ATOP), qu’il y a un ensemble de règles qui doivent être respectées dans la conception des escaliers afin d’assurer la sécurité des utilisateurs.
ATOP : Quelles sont les normes que les escaliers doivent respecter ?
YSK : Dans la conception et la construction des escaliers, il y a un ensemble de règles qui doivent être respectées. Il s’agit d’abord d’établir une relation entre la hauteur des marches et leur largeur (giron). La hauteur des différentes marches ne doit pas changer pour un même escalier. Quant à la largeur de l’escalier (emmanchement) elle dépend de l’usage auquel le bâtiment est destiné (bâtiment public, bâtiment d’habitation). Le dispositif de retenue communément appelé garde-corps est posé suivant les règles relatives à la hauteur et à sa résistance (solidité à retenir une personne qui s’y accroche). Il n’est bon de dépasser 20 marches par volée d’un escalier (la volée est la succession de marches comprises entre deux paliers).
ATOP : Comment peut-on reconnaitre un escalier mal posé ?
YSK : On peut reconnaitre qu’un escalier est mal posé lorsque toutes les marches n’ont pas la même hauteur ; lorsqu’il n’y a pas de dispositif de retenue (garde-corps) ou qu’ils ne sont pas suffisamment solides, lorsque la surface de l’escalier est glissante ou que l’escalier est trop raide pour l’utilisateur.
Globalement, on peut dire qu’un escalier doit être utilisé sans changer ses habitudes de marche (sans se rabaisser ou se courber) et assurer la sécurité de l’usager ; si un escalier ne respecte pas cette condition, il est mal posé.
ATOP : Quelles sont les conséquences liées à la mauvaise pose des escaliers ?
YSK : Les escaliers sont des éléments de structure qui sont dimensionnés en fonction de la charge prescrite par les normes de constructions.
Les conséquences liées à leurs mauvaises conceptions sont le plus souvent les accidents (chutes, glissades…) qui peuvent entraîner la mort. Si l’escalier est mal dimensionné, il peut avoir rupture de l’élément de structure. Lorsque l’emmanchement n’est pas respecté, en cas de panique, l’évacuation des personnes créé une bousculade, et les gens se piétinent avec ses conséquences…
Au-delà de ces conséquences, les kinésithérapeutes évoquent une atteinte ligamentaire et des douleurs dans l’articulation entrainant à la longue une arthrose.
ATOP : Que conseilliez-vous dans ce cas ?
YSK : Aux ingénieurs : il ne faut pas négliger les escaliers dans l’étude de structure ; les escaliers font partis de la structure de l’ouvrage, il faut les dimensionner tout comme les autres éléments tels que les poutres, les poteaux, les semelles etc.
Aux exécutants : il faut respecter les plans d’exécution faits par des ingénieurs. Il faut aussi choisir des revêtements adaptés (antidérapant)) c’est-à-dire pas glissant.
Aux usagers, « je leur dirai d’être prudents et vigilants au moment de la montée ou de la descente des escaliers pour éviter les traumatismes. Il est souvent conseillé que la meilleure manière pour monter ou descendre l’escalier c’est de mettre toute la plante du pied sur chaque marche avant de faire monter l’autre pied sur la marche suivante.
Ne pas courir pendant la montée ou la descente d’un escalier. Et aussi s’agripper à la rampe à la montée comme à la descente.
Interview réalisée par Marie Gomez






