
Lomé, 16 déc. (ATOP) – Un atelier de restitution d’une étude de cas d’initiatives de pratiques agricoles et comportements susceptibles de nuire au droit à l’alimentation saine et durable : cas d’utilisation intensive de pesticides chimiques de synthèse, s’est tenu le vendredi 16 décembre à Lomé.
A l’actif de l’Institut africain pour le développement économique et social-centre africain de formation Togo (INADES-FORMATION TOGO), cet atelier s’inscrit dans la « Campagne Conscience AlimenTERRE » lancée en novembre 2021.
L’objectif est de partager avec les organisations paysannes, les acteurs de la Société civile et des services étatiques concernés les conclusions de l’étude relative aux mesures et pratiques adoptées en matière d’utilisation des pesticides chimiques de synthèse et leurs conséquences sur la santé des agriculteurs, des consommateurs en vue de trouver des solutions idoines pour assurer une alimentation saine et durable à tous
Cette étude de cas menée dans le canton de Baguida (commune Golfe 6) et Yao Copé (commune Amou 3) vise à illustrer comment les pesticides chimiques peuvent compromettre ou non la réalisation du droit à l’alimentation adéquate.
Selon, le rapport de l’étude présenté par le consultant, Dr Adognou Kossi, il ressort que les pesticides sont à l’origine d’une pollution diffuse qui contamine toutes les eaux sales et océaniques : cours d’eau, eaux souterraines et zones littorales. Cette pollution est accrue avec la commercialisation non légale et l’utilisation des produits non homologués. Aujourd’hui, dit-il, l’un des défis majeurs de l’agriculture est de réduire ou d’abandonner l’utilisation des intrants chimiques de synthèse à savoir les fertilisants chimiques, les phytosanitaires, les pesticides ou encore les activateurs retardateurs chimiques de croissance, au profit de pratiques culturales plus visibles et durables.
Ce rapport contient également des recommandations faites à l’endroit de tous les acteurs. Il s’agit pour l’Etat de subventionner les pesticides homologués ; accroitre la surveillance des produits phytosanitaires aux frontières et alléger les taxes des sociétés importatrices de pesticides homologués. Pour des services déconcentrés de l’Etat du secteur de l’agriculture, il s’agit de continuer et renforcer la mise en place des brigades villageoises chargées de l’application des produits phytosanitaires, sensibiliser sur la toxicologie, le risque et le danger des pesticides et promouvoir davantage les biopesticides.
A l’endroit des sociétés de distribution de produits phytosanitaires, il faut développer davantage une éthique professionnelle pour éviter de commercialiser des pesticides non homologués ; former les responsables de boutiques et vendeurs sur cette éthique, organiser périodiquement des campagnes de sensibilisation et de publicité sur les pesticides homologués, leurs modes d’utilisation et les mesures de protection minimales
Dr Adognou a souligné qu’afin d’obtenir ces résultats, l’institut s’est appuyé sur, entre autres, une recherche et analyse documentaire ; des enquêtes auprès des professionnels de santé et des prélèvements des échantillons des eaux, des sols, des produits maraîchers et des cultures vivrières suivis de leurs analyses au laboratoire.
La restitution a été aussi marquée par les présentations des capsules documentaires et l’adoption de la feuille de route de la « campagne Conscience AlimenTERRE ».
Le président du conseil d’administration, Boukari Ayéssaki et la directrice de l’Inades-formation, Mme Sélome Adoussi Houetognon ont relevé que dans l’agriculture, de nombreux intrants chimiques utilisés sont nuisibles à l’être humain et à son écosystème. « Raison pour laquelle Inades-formation a entrepris cette campagne pour attirer l’attention des parties prenantes, des chaines de production alimentaires afin de réduire l’utilisation des intrants dans l’agriculture », ont-ils précisé. Ils ont indiqué que la campagne vise à amener les agriculteurs à utiliser des intrants homologués dans les bonnes conditions et aussi à adopter des pratiques agroécologiques. Ils ont invité les décideurs à renforcer les actions de réglementations et à soutenir les initiatives qui vont dans le sens des alternatives agros écologiques.
ATOP/SED/BA






