
Sokodé, 12 jan. (ATOP) – Les festivités de l’édition 2023 de Adossa-Gadao, la plus grande fête traditionnelle de la communauté Tem de la préfecture de Tchaoudjo ont démarré, le mercredi 11 janvier à Sokodé, et dureront cinq jours. Quel est le contexte historique de cet évènement ?
Selon les historiens, la culture Tem trouve ses racines dans un passé très lointain lorsque des immigrants venant du Nord, de l’Est et de l’Ouest se sont établis dans la région comprise entre le mont Malfakassa au sud-ouest et les monts Alédjo dans les chaînes de l’Atakora qui vont jusqu’à Djougou au Bénin au nord-est. Les premiers immigrants connus par la tradition sont les Gourma qui apparurent à la fin du 17è siècle et s’installèrent dans les montagnes de l’Atakora pour fonder le village de Tabalo. Ils se sont assimilés linguistiquement aux autochtones pour former le clan Mola avant de se répandre dans la plaine pour fonder les villages de Kpangalam, Tchavadi, Kadambara, Noudjo (au bord de la rivière Noo actuel Kparatao), Brini, Yélivo, et un peu plus au nord Dibouidè , Kigbaflou et Daoudè. Au bout de quelques générations tous ces peuples sont devenus les mêmes mais ont gardé leur identité et se distinguent seulement par leur clan. Tabalo est donc le village où s’installa Gadao qui reste toujours l’ancêtre des Mola. Ce village est situé au nord-ouest entre Sokodé et Basssar.
Mystère de la mort de Gadao
D’après la tradition, Gadao disparut de façon mystérieuse. Celui-ci rassembla un jour ses fils et leur annonça qu’il est temps qu’il rejoigne ses ancêtres dans l’au-delà. A ces paroles, Gadao commença à s’enfoncer en terre. Les enfants se précipitèrent pour le retenir, malheureusement ils ne purent sauvegarder que le chapeau royal grâce à l’alerte de sa dernière épouse du clan Daro. Cet endroit est devenu un point d’eau intarissable. Ainsi, tout nouveau chef supérieur (Ouro-Esso) est, à partir de ce moment, lavé de cette eau à son intronisation afin de bénéficier des pouvoirs du patriarche Gadao. Dès lors, ce mystère se célèbre tous les ans pour lui rendre hommage.
Historique d’Adossa
Selon le comité d’organisation de l’édition 2023, Adossa, danse des couteaux est une fête religieuse qui se déroule au cours du 3è mois lunaire islamique « GAANI » qui signifie en Tem, mois de réjouissance pour célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. L’histoire religieuse révèle que le dernier prophète Mahomet, allait naître Israélien ou Juif. Mais au grand étonnement des Juifs et des Israéliens qui attendaient cet important évènement, il naquit Arabe, une grande jalousie s’installa alors dans leurs rangs vis-à-vis des Arabes musulmans. Ces derniers pour protester, ont manifesté de diverses manières afin de montrer leur colère et leur bravoure ; d’où la danse avec les sabres et les couteaux. Cette tradition est introduite à Tchaoudjo depuis bien longtemps par les Touré et Traoré venus du Mali. La danse « Kosso » est exécutée au même moment par les femmes qui se parent de leurs plus beaux pagnes et perles pour soutenir la bravoure des hommes.
ATOP/MEK/BA






