
Sokodé, 24 août (ATOP) – Le ministère en charge de la santé, à travers la Division santé maternelle, infantile et planification familiale, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a entamé le lundi 21 août à Sokodé, une campagne de réparation des fistules obstétricales.
Cette campagne se déroule au Centre hospitalier régional (CHR) Sokodé, la structure hospitalière qui abrite le centre national de référence de prise en charge des fistules. Elle cible au départ 50 femmes fistuleuses identifiées dans toutes les régions du pays. Mais, les dispositions sont prises pour faire face au surnombre des patientes.
L’objectif de la campagne consiste à réparer au moins 50 cas de fistules obstétricales jusqu’au 31 août dans le pays avec un taux de guérison de 80% des cas opérés.
Cette campagne prend en charge la réparation, les moyens de déplacement et l’alimentation des patientes au CHR-Sokodé.
La fistule obstétricale est la constitution d’une communication anormale entre la vessie et le vagin ou entre la vessie et le rectum chez la femme après avoir donné la vie, ce qui engendre des pertes d’urine.
L’équipe médicale est composée de chirurgiens et de personnel paramédical venus des centres hospitaliers de référence du pays, conduite par le médecin chirurgien, Pr Kpatcha Tchilabalo Urologue au CHU-Kara.
Le Pr. Kpatcha a indiqué que les fistules peuvent être causées par des grossesses précoces et des accouchements difficiles souvent à domicile. En dehors de çà, il y a aussi des causes diatogènes dues à une inattention chirurgicale qui peut créer aussi des fistules lors d’une intervention. Il a précisé qu’après la campagne le suivi va être fait par le gynécologue et les sages-femmes du CHR-Sokodé jusqu’à ce que toutes les femmes puissent quitter l’hôpital. Le professeur a ajouté qu’une fois que les femmes seront retournées chez elles dans leur lieu d’origine elles ont des rendez-vous pour aller dans les différents CHR pour voir les gynécologues et les chirurgiens pour le contrôle.
Le Pr. Tingué Kodjo, Urologue au CHU-SO, se dit satisfait du déroulement de cette campagne. « Nous avons déjà opéré seize femmes les mardi et mercredi. En dehors des 50 femmes initialement prévues, d’autres femmes arrivent encore. Nous allons également les examiner, confirmer le diagnostic et les opérer », a-t-il confié.
Pour prévenir cette pathologie, le docteur Ramanou Bouraïma, gynécologue obstétricien, chef de service de la maternité du CHR-Sokodé, insiste sur la sensibilisation des femmes à accoucher devant un personnel qualifié et dans une structure médicale pour que l’accouchement se passe dans de très bonnes conditions. Par ailleurs, il appelle à combattre les mariages et grossesses précoces des filles qui sont des facteurs d’apparition des fistules.
La chargée de la fistule obstétricale à la Division santé maternelle, infantile et planification familiale, Mme Tiassou Mana a fait savoir que « La fistule obstétricale est une maladie qui perd la dignité de la femme. Et cette campagne veut aider tant soit peu ces femmes à recouvrer leur dignité. Donc, toute femme qui a une fistule est éligible pour cette opération. »
Les femmes malades estiment qu’avec cette opération, elles pourront vivre en paix dans la société. « C’est depuis deux ans que je vis avec cette maladie », témoigne une femme qui a subi cette intervention chirurgicale.
ATOP/MEK/ TJ






