
Lomé, 4 déc. (ATOP) – Des acteurs, membres de l’Agence des cafés robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) de huit pays africains sont en atelier de formation sur les techniques et normes d’exportation du café pour les petites et moyennes entreprises du 4 au 8 décembre à Lomé.
A l’actif du Centre du commerce international (ITC) en collaboration avec l’ACRAM, cette rencontre de Lomé s’inscrit dans la relance de la chaine de valeur du café en Afrique, à travers le programme UE/ACP Business Friendly. Les participants de cet atelier viennent des pays tels que le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, le Libéria, la République de Guinée, la République Démocratique du Congo, et le Togo.
L’objectif est de renforcer les capacités des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) dans les pays ACP, dans 5 chaînes de valeur (le café, le cacao, la noix de coco, le coton et le Kava) dans 13 pays. Il s’agira au cours de cette formation, de prodiguer des conseils pratiques aux entreprises intéressées par l’exportation future de produits ou qui font leurs premiers pas dans l’exportation de café vert en Europe.
Spécifiquement, la formation sur les techniques et normes d’exportation du café pour les petites et moyennes entreprises permet aux participants de comprendre leurs besoins en termes de qualité et de gestion, de maitriser le paysage européen des acheteurs de café, et de développer un outil pour le calcul du prix de revient. Il est aussi question pour eux, de maitriser le prix FOB (Free On Board) potentiel, la rentabilité de l’exportation et de faire une analyse GAP sur l’organisation de l’exportation de café vers l’Europe.
Parallèlement à cette formation des exportateurs, le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC), soucieux de l’insertion professionnelle des jeunes dans le métier du café et de la promotion de la consommation locale, organise à partir de mardi 5 décembre 2023 et ce jusqu’au 7, une formation des jeunes baristas à la gestion des kiosques et bars. L’ACRAM, quant à elle, tiendra une assemblée générale, le vendredi 8 décembre sur des sujets, entre autres, la mobilisation des ressources pour lequel l’Agence avait pris soin de commettre un Consultant international.
La ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale, Mme Kayi Mivedor-Sambiani a relevé que le choix porté sur Lomé pour abriter la présente formation des exportateurs de café, la toute première de ce genre qui soit organisée dans le cadre du programme ACP/EU Business Friendly, vient à juste titre corroborer l’image de marque du Togo sur le plan international. « Il convient de reconnaître que dans un contexte international plus que jamais perturbé par une fluctuation anarchique des prix des matières premières, une formation des exportateurs sur le fonctionnement du marché mondial de café vient à point nommé pour renforcer les capacités des exportateurs des huit pays concernés », a poursuivi la ministre. Elle a précisé que les exportateurs constituent un maillon très important dans la chaîne de valeurs de café, car ils ont la mission de négocier au mieux une bonne valeur qui devrait refléter les sacrifices consentis par les producteurs.
Se conformer aux normes européennes d’exportation
Pour le représentant de l’ITC, Sadiq Syed la formation visant à familiariser les acteurs de l’industrie caféière avec les normes européennes est essentielle. Il a relevé qu’en comprenant et respectant ces normes, les producteurs peuvent garantir la satisfaction des consommateurs en renforçant ainsi la qualité du café africain sur la scène mondiale.
M. Sadiq a souligné que ces sessions de formations ne sont pas seulement des outils dans la réalisation des exigences du marché, mais sont aussi, des leviers de développement durable. Elles favorisent l’adoption des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et encouragent l’amélioration continue de la qualité du café. « En investissant dans cette formation, nous investissons dans la compétitivité et la durabilité à long terme du secteur caféier. Ensemble cultivons non seulement les grains de café de qualité mais également, un avenir prospère pour les communautés qui dépendent de cette culture emblématique », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement rural, Tèzikè Madadozi a indiqué que le café est une des filières qui constituent une priorité stratégique majeure pour le gouvernement togolais et un levier de croissance économique du pays. Il a affirmé que cette rencontre est d’autant plus importante dans le contexte actuel mondial marqué par un relatif ralentissement du commerce international du café, nécessitant une optimisation des circuits commerciaux.
Pour le président de ACRAM, Enselme Gouthon, le café demeure un produit très important dans le commerce mondial et son marché devient de plus en plus exigeant. « Pour exporter le café sur le marché international aujourd’hui, il est, entre autres, prévu de se conformer aux normes réglementaires établies, pour garantir la qualité du café, la protection de l’environnement et la santé humaine. Le non-respect de ces exigences peut entrainer la mise en quarantaine, et le plus souvent le rejet du café en exportation », a-t-il confié.
« Aujourd’hui, pour un commerce mondial supportable à la fois pour les producteurs et les consommateurs, il faut nécessairement : un cadre inclusif de dialogue entre l’Union Européenne et les pays producteurs sous l’égide de l’Organisation internationale du Café (OIC) que nous avons l’honneur de présider depuis le mois de septembre dernier ; et un cadre réglementaire prenant en compte l’équilibre entre le bien-être (santé, revenus) et l’écologie », a conclu M. Gouthon.
La cérémonie d’ouverture a pris fin par la remise de Kits (moulin à café et ses accessoires) aux participants à former.
ATOP/TD/DHK






