
Sokodé, 12 déc. (ATOP) – Les résultats de la recherche sur les « Activités anti-inflammatoires et anti-parasitaires des extraits bruts hyro-éthanoliques d’Aframomum melegueta, Khaya senegalensis et Xylopia aethiopica », ont été partagés avec dix-neuf (19) tradipraticiens des régions Centrale et de la Kara le lundi 11 décembre à Sokodé.
La rencontre a été organisée par l’Unité de recherche en immunologie et immuno modulation (UR2IM) de l’Ecole supérieure des techniques biologiques et alimentaires (ESTEBA) de l’Université de Lomé (UL), initiatrice de cette recherche. Elle a pour objectif de renforcer la collaboration entre les praticiens de la médecine traditionnelle et les chercheurs scientifiques en l’occurrence ceux de l’UL. Ceux-ci travaillent aussi dans ce cadre pour comprendre les mécanismes d’actions des différentes plantes utilisées pour le traitement des différentes maladies dont les maladies parasitaires.
Les résultats de la recherche ont été partagés au siège de l’ONG Centre d’Etude et de Recherche en Médecine Traditionnelle Appliquée (CERMETRA) par le responsable de l’UR2IM, Dr. Katawa Gnatoulma et deux de ses assistantes. Selon Dr. Katawa, ce projet de recherche a démarré depuis 2017 où son équipe a travaillé avec l’ONG CERMETRA. Il a signifié que tout travail scientifique sur les connaissances endogènes, l’utilisation des plantes pour traquer les maladies, doit toujours commencer par une étape appelée l’enquête ethnobotanique.
Cette dernière, dit-il, avait pu être réalisée avec l’aide de l’ONG CERMETRA qui avait réuni, à l’époque, 196 de ses membres tradipraticiens des préfectures de Tchaoudjo, Tchamba, Sotouboua et Kara. Ceux-ci, a ses dires, ont donné, en toute confiance, les connaissances « sur les différents traitements, comment ils diagnostiquent les maladies parasitaires, comment ils les traitent, ce qu’ils utilisent pour ces différents traitements, comment ils font le suivi, où et dans quelles conditions ils récoltent les plantes ».
A l’écouter, lors de ces échanges, ces tradipraticiens ont cité plusieurs plantes pour le traitement des maladies parasitaires dans les deux régions. Toutefois, il a précisé que le calcul du facteur de consensus des 196 tradipraticiens a fait ressortir trois plantes à savoir Aframomum melegueta, Khaya senegalensis et Xylopia aethiopica qu’on appelle respectivement Abalotchangaï, Fremon et Souzi en langues locales. D’après Dr. Katawa, une fois ces connaissances reçues, son équipe est partie travailler sur ces plantes après les avoir récoltés sur le terrain dans les mêmes conditions tel que montré.
Les objectifs du partage des résultats de la recherche
Pour cet enseignant chercheur, il fallait donc revenir, après six années, pour partager les résultats avec eux pour leur permettre d’améliorer leurs connaissances. La démarche vise également, selon lui, à sensibiliser les tradipraticiens sur l’innocuité des produits. Il est question, pour lui, de leur expliquer que ces produits qu’ils utilisent traitent effectivement mais peuvent aussi être toxiques et donc de leur enseigner les pratiques qui permettent de réduire leur toxicité. Dr. Katawa a confié que ces échanges ont permis aussi aux membres de son équipe de s’ouvrir aux tradipraticiens. « Nous voulons leur dire que nous sommes disponibles pour la collaboration, pour les aider à mesurer l’innocuité, la dose, quelle dose il faut utiliser pour réduire une activité inflammatoire ou pour booster le système immunitaire mais en utilisant la même plante ? », a-t-il ajouté.
L’initiative est appréciée par les tradipraticiens
Le coordonnateur national de l’ONG CERMETRA et président de la Chambre préfectorale de métiers (CPM) de Tchaoudjo, Tchacondo Boutchou a salué le Dr. Katawa et ses assistantes, estimant qu’ils sont « les premiers » à revenir partager les résultats de leur recherche avec les tradipraticiens. Pour lui, cela redonne confiance par rapport à cette collaboration avec les universités qui, selon lui, doit continuer pour que la médecine traditionnelle ne soit pas reléguée au dernier plan.
La rencontre a pris fin par la visite de la forêt sacrée de Tchavadè où sont récoltées les plantes.
ATOP/MEK/KYA






