
Lomé, 20 juin (ATOP)- L’ONG La Maison des bien-aimés (LMBA) a organisé, le jeudi 20 juin à Lomé, une table ronde dénommée « les rencontres sur la drépanocytose » dans le cadre de la journée mondiale de cette maladie placée cette année sous le thème : « Pour éviter la drépanocytose à mes enfants, je fais mon dépistage ».
Cette activité soutenue par le Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD) vise à favoriser les échanges d’expérience entre médecins togolais et français sur les modes de prévention et de traitement de la drépanocytose en milieu africain. A travers des panels, exposés et témoignages de divers acteurs, le public a été éclairé sur la maladie, les manifestations et la prise en charge par des spécialistes comme Dr Aline Santin, médecin spécialiste de la drépanocytose à l’hôpital Tenon en France et Dr Hézouwé Magnang, directeur du CNRSD et son équipe.

Les thématiques abordées sont relatives, entre autres, « au bilan de 5 années d’activité du CNRSD : 2019-2023 » ; « les soins en milieu hospitalier, difficultés et opportunités » ; « le rôle des associations dans la sensibilisation et la détection de la maladie » ; le « protocole de soins, échanges de pratiques » ; « poursuivre notre aide : équipements, médicaments et formation, bilan et perspective » et « la drépanocytose, un enjeu de santé publique ». Il ressort de la présentation des intervenants que la drépanocytose est la première maladie génétique au monde. Maladie de l’hémoglobine, elle empêche l’oxygène de circuler librement dans le corps, ce qui provoque des crises vaso-occlusives extrêmement douloureuses, anémie, infections et complications chroniques. D’après les spécialistes, la maladie peut s’avérer mortelle notamment chez les jeunes et les enfants si elle n’est pas détectée et soignée à temps. Au Togo, la drépanocytose est portée par 16 % de la population, dont 4 % de façon symptomatique.
Un temps fort de cette table ronde a été le témoignage de deux jeunes drépanocytaires qui ont partagé leurs expériences de vie avec cette pathologie. Ils ont sensibilisé l’assistance notamment les jeunes à faire le test d’électrophorèse avant le mariage pour ne pas subir des affres de cette maladie dont le traitement revient extrêmement cher.
Cette rencontre présidée par la représentante du ministre en charge de la Santé, Pr. Dorkenoo Ameyo a permis de signer une nouvelle convention triennale 2025-2027 entre la présidente de LMBA, Mme Chantal Essivi Gnofame et le directeur de CNSRD, Dr Magnang. « Cette convention renouvelée permettra de faire des dépistages gratuits et de distribuer les médicaments aux personnes atteintes de cette maladie », a expliqué le secrétaire général et co-fondateur de LMBA, Philippe Wattier. Le contrat paraphé se décline en 4 volets notamment la distribution des médicaments, la formation du personnel de santé, la mise en place des équipements moins chers, la sensibilisation et le dépistage. M. Wattier a invité la population à faire son dépistage pour lutter contre cette maladie et souhaité que les associations impliquées dans la lutte de cette maladie proposent des actions en commun pour éviter la drépanocytose.
Le directeur du CNSRD a fait savoir qu’on peut éviter d’avoir des enfants drépanocytaires en faisant le test d’électrophorèse avant tout mariage. « Si je connais mon statut hémoglobinique, je dois faire le choix de mon partenaire à ce que les enfants ne souffrent pas de cette maladie », a prévenu Dr Magnang. Il a précisé que pour connaitre son statut hémoglobinique, il faut faire une analyse d’électrophorèse qui coûte 3500 F CFA dans les structures publiques hospitalières.
ATOP/GMM/AJA






