
Lomé, 3 juil. (ATOP) – Le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a ouvert, le lundi 3 juillet à Lomé, les travaux de l’assemblée générale des actionnaires d’Africa 50 et la première édition du ‘’Forum Infra for Africa’’ consacrés au développement et au financement des infrastructures en Afrique.
Ces assises de deux jours réunissent les dirigeants de plus de 70 pays dont 50 Etats africains, des représentants des institutions de financement, des partenaires en développement, des financiers et plusieurs spécialistes du continent. Le forum de Africa50 est une plateforme d’investissement de premier plan dédiée aux infrastructures, dont l’actionnariat comprend tous les pays africains.
Le président de la République a indiqué que ces assises permettront de générer des solutions pertinentes pour répondre aux défis de la croissance et du développement du continent. Le président a appelé les participants à rechercher des solutions viables et innovantes afin d’aider à progresser sur la voie d’une Afrique unie à la commande de sa destinée. « Mais il faudra aussi rester attentif à la nécessité de nouer des alliances internationales pour garantir la prospérité du continent au profit de nos concitoyens », a-t-il ajouté.
S’agissant du Togo, le président Gnassingbé affirmé que la question des infrastructures est au cœur de la feuille de route du gouvernement. « Mon pays a bien des atouts. Il possède le port naturel le plus profond de la sous-région. Le Togo a vocation à être un hub logistique visant la desserte de l’hinterland et de ses pays voisins. Pour profiter de ces atouts, il faut des investissements massifs », a-t-il mentionné. Il demande aux participants d’intégrer dans les plans d’infrastructures, le défi climatique.
Les travaux sont axés, entre autres, sur des plénières relatives à « la mobilisation des capitaux institutionnels ; exploitation des partenariats pour la production d’énergie solaire en Afrique ; au défi technologique de l’Afrique : Connecter un milliard d’habitants ; Togo : la nouvelle star de l’Afrique ; au financement dans une nouvelle ère : naviguer dans l’incertitude et dans un environnement de taux d’intérêt élevés ; au renforcement des réseaux électriques en Afrique – l’investissement dans les PPP pour les lignes de transport d’électricité ».
Le financement des infrastructures, la question fondamentale
Les discussions portent sur « la question de savoir comment débloquer davantage de ressources à l’échelle mondiale pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, lutter contre le changement climatique, résoudre les problèmes d’endettement auxquels sont confrontés les pays et combler les déficits de financement des infrastructures dans le monde », a déclaré le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et président du conseil d’administration d’Africa 50, Dr. Akinwumi Adesina.
Pour lui, l’Afrique aura besoin de 277 milliards d’USD par an jusqu’en 2030 pour atteindre ses objectifs en matière de financement de la lutte contre le changement climatique et stimuler la croissance verte, conformément aux contributions déterminées au niveau national. « Notre objectif principal est de contribuer à combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique, qui est de l’ordre de 68 à 108 milliards de dollars par an », a-t-il dit.
Au cours de ses six dernières années d’activité, Africa50 a obtenu le soutien de toute l’Afrique et compte aujourd’hui 31 pays africains parmi ses actionnaires et 3 investisseurs institutionnels africains. Africa50 a investi dans des infrastructures essentielles, plus de 6,6 milliards de dollars.
« Nous pouvons faire beaucoup plus pour combler le déficit d’infrastructures en Afrique. Pour la plupart des infrastructures n’ayant pas encore été construites en Afrique, nous avons une excellente opportunité de construire des infrastructures vertes et de verdir celles existantes. L’Afrique dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables », a poursuivi Dr. Akinwumi.
Les trois piliers stratégiques de Africa50
Le directeur général de Africa50, Alain Ebobissé, a évoqué les trois piliers stratégiques de son institution qui sont : « Développer des projets bancables » ; « Financer les infrastructures » et « Mobiliser les capitaux en Afrique et à l’internationale pour le financement des infrastructures africaines ».
A travers cette double conférence, « nous avons voulu faire un évènement où nous pouvons démontrer que le continent est non seulement une terre d’opportunités, mais aussi une Afrique unie qui est aux commandes de sa destinée, tout en forgeant des alliances internationales pour sa prospérité », a signifié M. Ebobissé.
Ce forum est une occasion pour Africa50 de forger de nouveaux partenariats à travers la signature d’accords de co-développement et de co-financement de projets et une opportunité de mobilisation des ressources africaines en plus des capitaux internationaux, pour les infrastructures.
Africa50 en est à sa 6ème année d’opération. Sur cette période, l’institution a investi des fonds propres dans 21 projets d’infrastructures à travers 22 pays et la valeur totale de ces projets s’élève à plus de 6,6 milliards de dollars US.
« L’avenir de l’Afrique se joue aujourd’hui. Notre continent abonde de ressources naturelles et humaines et Africa50 est prêt à relever le défi de créer les infrastructures nécessaires à la croissance du continent », a conclu le directeur général de l’institution.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la signature d’accord de recyclage d’actifs sur la route Lomé-Kpalimé. Un accord paraphé par le directeur général de Africa 50, Alain Ebobissé, le ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya et la ministre des Travaux publics, Zouréhatou Kassah-Traoré.
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