
Lomé, 29 déc. (ATOP) – La loi de finances exercice 2025 a été votée à l’unanimité des députés présents, le vendredi 27 décembre à Lomé. Elle s’équilibre en ressources et en charges à 2.396, 59 milliards de FCFA contre 2.179,12 milliards de FCFA de la loi de finances de l’année 2024, soit une hausse de 9,9%.

Le budget a été adopté au cours de la 4è séance plénière de la 2è session ordinaire de l’année 2024. La séance a été présidée par Sévon-Tépé Kodjo Adédzé en présence des commissaires du gouvernement, le ministre de l’Economie et des Finances, Essowè Georges Barcola et de son collègue des Droits de l’Homme, de la Formation à la citoyenneté, et des Relations avec les Institutions de la République, Adjourouvi Pacôme.
L’exposé des motifs de cette loi s’articule autour de l’environnement économique international, régional et national ; les grandes orientations budgétaires et les grandes masses du budget
La présente loi de finances entend poursuivre les actions de lutte contre la flambée des prix en vue de renforcer la résilience de la population face aux effets de la crise russo-ukrainienne et le conflit au Moyen-Orient. Il s’agit aussi pour le gouvernement de poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles visant la stabilité du cadre macro-économique.
Les grandes orientations et priorités budgétaires
Les orientations permettront d’assurer l’accroissement des recettes à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, en vue de l’atteinte de l’objectif d’accroissement des recettes fiscales de 0,5% du PIB par an. Elles porteront aussi sur le renforcement de la mobilisation des recettes non fiscales à travers des études d’évaluation de leur potentiel et la mise en œuvre des réformes. Cette politique budgétaire prudente sera menée dans un contexte de consolidation budgétaire visant à ramener le déficit à 3% du PIB à partir de 2025.
Concernant les priorités budgétaires, les mesures fiscales visent à doter l’Etat et les collectivités territoriales des moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs de financement des actions de développement et favoriser l’essor des secteurs économiques stratégiques. Elles permettront également d’assurer une mise en conformité du dispositif avec les normes communautaires et internationales et une meilleure application de la réglementation fiscale.
Les budgets alloués aux ministères et institutions
En vue de poursuivre et renforcer les actions visant le bien-être des populations, le budget exercice 2025 se répartit par axe de la feuille de route gouvernementale comme suit : Axe 1 inclusion et capital humain (dépenses sociales) : 659,2 milliards de francs CFA, soit 49,7% contre 48% en 2024 ; Axe 2 transformation économique : 315 milliards de francs CFA, soit 23,7% contre 30,1% en 2024 et l’Axe 3 Renforcement de l’Etat : 352,2 milliards de francs CFA, soit 26,6% contre 21,9% en 2024.
Dans le secteur de l’éducation, pour la réalisation des actions programmées, un montant de 245 milliards FCFA, soit 14,6% du montant alloué aux ministères et institutions, sera mobilisé en 2025 contre 14,4% en 2024. Pour le secteur des mines et des ressources énergétiques, 62,5 milliards FCFA soit 3,7% du montant sera alloué en 2025 contre 60 milliards en 2024 et dans le domaine de la défense et de la sécurité, 149,3 milliards FCFA sont mobilisés soit 8,9% contre 147,5 milliards FCFA en 2024.
Analyse des grandes masses du budget 2025
Les recettes budgétaires enregistrent une augmentation de 196,5 milliards de francs CFA pour s’établir à 1.475,6 milliards de francs CFA contre 1.279,1 milliards de francs CFA en 2024, soit une hausse de 15,4%. Cette hausse est portée essentiellement par les recettes fiscales qui passent de 1.042,1 milliards de francs CFA en 2024 à 1.200 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse de 15,2%.
Les dépenses budgétaires sont passées de 1.636,3 milliards de francs CFA en 2024 à 1.675,8 milliards de francs CFA en 2025, en hausse de 2,4%. Cette hausse est imputable essentiellement à celle des dépenses de personnel et des dépenses en atténuation des recettes. Les dépenses en capital enregistrent une baisse de 10,3%, passant de 634,1 milliards de francs CFA en 2024 à 568,8 milliards de francs CFA en 2025 due essentiellement à la non reconduction de l’opération de restructuration des deux banques (UTB et l’ex-BTCI) en 2024 pour un montant de 66,9 milliards de FCFA.
Les opérations budgétaires dégagent un solde (dons compris) déficitaire de 200,2 milliards de francs CFA, représentant 3% du PIB contre 5,9% en 2024. Ce déficit sera entièrement financé par le solde excédentaire des opérations de trésorerie.
Les ressources de trésorerie s’établiraient à 910,8 milliards de francs CFA en 2025 soit une hausse de 1,7%. Les charges de trésorerie passeraient de 538,6 milliards de francs CFA en 2024 à 710,6 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse de 31,9%. Il se dégage des opérations de trésorerie un solde excédentaire de 200,2 milliards de francs CFA qui finance entièrement le solde budgétaire déficitaire. Les comptes spéciaux du Trésor s’équilibrent en recettes et en dépenses à 7,8 milliards de francs CFA en 2025 contre 4,2 milliards de francs CFA un an plus tôt, soit une hausse de 84,9%.
Avant l’adoption de cette loi de finance 2025, les députés avaient voté à l’unanimité la loi de finances rectificative, exercice 2024. Le projet de loi de finances est projeté en recettes et en dépenses à 2.250.600.606.000 FCFA contre 2.179.125.009.000 FCFA dans la loi de finances initiale, enregistrant une hausse de 71,4 milliards de francs CFA soit 3,3%.
Le président Adédzé a indiqué que l’adoption de la loi de finances rectificative, exercice 2024 s’inscrit dans le respect des principes et obligations de gestion des finances publiques. A la lumière de l’exposé des motifs, dit-il, la demande de modification des autorisations parlementaires pour 2024 répond à un besoin d’ajuster les prévisions budgétaires initiales en tenant compte des nouvelles évolutions macroéconomiques aussi bien sur le plan national, régional qu’international. Il a relevé les grandes ambitions pour le pays. « L’engagement que nous prenons aujourd’hui à la représentation nationale, c’est de continuer de faire les bons choix pour un Togo d’aujourd’hui et de demain.
Le ministre Barcola a relevé que la loi de finances rectificative donne au gouvernement, les moyens de son action. « Cette loi entend poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles visant la stabilité du cadre macroéconomique et l’assainissement des finances publiques qui passe notamment par une plus grande efficience dans la gestion des dépenses publiques », a dit le ministre.
ATOP/SED/AYH/KYA






