
Lomé, 21 déc. (ATOP) – Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya et son collègue de la Protection civile, Calixte Madjoulba ont été écoutés par l’Assemblée nationale à propos de l’effondrement de la passerelle d’Agoè-Zongo survenu le vendredi 13 décembre dernier. C’est lors d’une séance de questions orales d’actualités au gouvernement, dirigée par le président de l’institution, Sevon-Tépé Adédzé le vendredi 20 décembre au siège de l’hémicycle.
Cette séance a permis aux membres du gouvernement, face aux députés, de donner des explications et précisions sur les circonstances de cet effondrement, les mesures prises par le gouvernement, les éléments d’enquête et les recommandations qui ont été faites dans ce sens.
Quatre questions ont été posées aux ministres, à savoir : « Pouvez-vous nous situer davantage sur les circonstances de cet accident ?», « Quelles sont concrètement les mesures prises par le gouvernement ?», « A l’instar de la passerelle d’Agoè-Zongo qui s’est effondrée, il y a d’autres passerelles sur les routes nationales. Nous voudrions avoir des explications sur les conditions sécuritaires de cette passerelle piétonne » et « Quelles sont les suites réservées à cet accident ? »
Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures, décrivant les circonstances de l’accident a indiqué qu’un camion citerne, hors gabarit, a tenté le passage sous la passerelle dont la hauteur était limitée à six mètres. « Le camion dépassait donc six mètres, et dans cette tentative de forcer le passage, la passerelle a été arrachée à sa base et est tombée. En tombant, la passerelle a malheureusement occasionné huit morts et trois blessés », a dit le ministre. M. Sani Yaya a souligné que la hauteur normale d’une passerelle selon les normes réglementaires de l’UEMOA est de 4,5 mètres. « C’est une tolérance, justement, que nous avons donnée par rapport à la hauteur, pour permettre parfois à des convois spéciaux de pouvoir passer. On ne s’est pas arrêté au niveau du règlement 14 de la norme UEMOA qui définit la hauteur et aussi le gabarit en largeur », a-t-il précisé. A propos de la prévention, le ministre a évoqué la mise en place en urgence des portiques de 30 et 50 mètres de hauteur prévue dans le cahier de charge, puis la construction des dos d’ânes afin de ralentir les chauffeurs et prévenir de tels drames. Le ministre Sani Yaya a rappelé que le financement des travaux s’intègre dans un projet de réhabilitation des routes nationales, avec la construction de 10 passerelles. Huit sont déjà construites, à savoir cinq, dont celle d’Agoè-zongo, par une entreprise tunisienne et trois par une entreprise chinoise. Les passerelles de l’entreprise tunisienne ne sont pas encore réceptionnées.
Le ministre en charge de la Protection civile a, pour sa part, donné les détails sur les personnes auditionnées pour la poursuite de l’enquête afin de situer les responsabilités du drame. « Sur les auditions faites, cinq personnes ont fait l’objet de gardes à vue pour les nécessités de l’enquête, puis libérées sur instruction du procureur de la République après 48 heures. Les motifs pour lesquels elles ont été gardées sont : défaut de précaution, non respect de la réglementation en vigueur et homicide involontaire. L’enquête judiciaire est pratiquement à point de finalisation, et elle sera transmise au procureur de la République », a ajouté le ministre Madjoulba.
Les séances de questions orales d’actualité au gouvernement sont prévues par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale en son titre 4, chapitre 2. Cela cadre avec l’article 16 de la loi du 6 mai 2024 portant constitution de la République togolaise qui permet à l’Assemblée nationale seule de contrôler l’action du gouvernement. Les questions, sous leurs différentes formes, sont des instruments parlementaires essentiels pour avoir des informations exactes sur des sujets ponctuels et d’actualité.
ATOP/SED/MEK






