
Lomé, 13 déc. (ATOP) – Un atelier régional des Etats membres de la CEDEAO sur le thème « la mobilisation des femmes sur la criminalité économique et financière transnationale organisée – impact du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme dans l’espace CEDEAO » se tient du 12 au 14 décembre à Lomé.
Cet atelier est une initiative conjointe du Groupe inter-gouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest (GIABA) et le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG). Il regroupe les représentants des ministères en charge du genre et des affaires sociales des Etats membres de la CEDEAO. Pour la 4e fois, le GIABA et le CCDG mobilisent ces acteurs pour créer un espace de consensus sur la criminalité économique et financière transnationale organisée.
Les thématiques à aborder
Les participants vont échanger leurs connaissances sur des thématiques comme « Qu’est-ce que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et ses crimes sous-jacents ? » ; « La criminalité transnationale organisée et son impact en Afrique de l’Ouest et l’implication des femmes » ; « Réponses et cadres internationaux et régionaux en matière de Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBCT/FT) ». D’autres thématiques porteront sur « Intégration des questions de genre dans les politiques, stratégies et programmes de lutte contre la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest » et « Présentation nationales, solutions et approches pour lutter contre l’implication des femmes dans la criminalité, travailler avec les groupes de femmes et la résilience des femmes face au crime organisé ».
Rôle et influence des femmes dans les rouages de la criminalité
Le rôle et l’influence croissants des femmes dans les rouages de la criminalité économique et financière en Afrique de l’Ouest constituent une menace pour la stabilité et le développement de la région, mais offrent en même temps de grandes possibilités de combattre cette menace de manière holistique et durable. Il est donc essentiel que les femmes soient placées au cœur de la lutte pour démanteler la tapisserie de la criminalité économique et financière transnationale et de l’extrémisme violent qui engloutit lentement la région de la CEDEAO.
C’est pour cette raison que le GIABA et le CCDG ont décidé de fédérer leurs forces afin de créer une synergie d’action dans la lutte contre les menaces convergentes de la criminalité économique et financière, du financement du terrorisme et de l’extrémisme violent, dans le cadre de l’intégration de la dimension genre et de l’autonomisation des femmes et des filles.
Mécanismes et instruments pour la promotion de l’égalité des sexes
L’intégration de la dimension genre dans les lois, les politiques, les stratégies et les mécanismes nationaux et régionaux permettra non seulement de créer un cadre équitable et durable pour lutter contre la criminalité économique et financière et l’extrémisme violent, mais aussi de garantir la transparence, l’obligation de rendre des comptes, une responsabilité partagée et une appropriation plus résolue du processus.
La Commission de la CEDEAO, par l’intermédiaire de son CCDG et d’autres agences, a mis en place des mécanismes et adopté un certain nombre d’instruments pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Il s’agit, entre autres, de l’acte additionnel sur l’égalité des droits entre les femmes et les hommes pour le développement durable dans l’espace CEDEAO, un protocole adopté par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO en mai 2015 et le Plan d’action sur la composante femmes, paix et sécurité du Cadre de prévention des conflits de la CEDEAO.
La vision 2050 de la CEDEAO
La vision 2050 de la CEDEAO dans son pilier 5 sur l’inclusion sociale place les femmes, les enfants et les jeunes, et toutes personnes vulnérables au cœur du développement et du processus d’intégration. Elle trouve nécessaire et opportun de prendre les mesures nécessaires et de créer un espace pour la participation active des femmes aux discussions sur des questions relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive dans l’espace CEDEAO.
Cette table ronde, une valeur ajoutée
Le directeur du cabinet du ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la femme et de l’Alphabétisation, Koffi Gani a indiqué qu’il est important de renforcer le soutien accordé aux organisations régionales de femmes en vue d’améliorer leurs compétences dans ces domaines. Il a rassuré les participants de l’engagement du Togo à renforcer les instruments et cadres mis en place.
La directrice de CCDG, Mme Sandra Oulaté a expliqué que cette initiative du GIABA et du CCDG découle de l’engagement exprès des dirigeants de la CEDEAO à lutter de manière décisive contre la criminalité économique et financière, le terrorisme et l’extrémisme violent. Elle a indiqué que cet engagement est illustré dans le communiqué final du sommet conjoint des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO et de la CEEAC sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, qui s’est tenu, le 30 juillet 2018 à Lomé. Mme Oulaté a dit espérer que les résultats de cette table ronde apportent une valeur ajoutée aux initiatives déjà existantes et jettent les bases d’un partenariat plus large et d’une convergence plus forte entre les acteurs. Elle a rassuré les participants de la volonté et de l’engagement du leadership de la CEDEAO et du CCDG à poursuivre la réflexion avec l’ensemble des parties prenantes en vue de contribuer au développement durable de l’Afrique de l’Ouest par l’élimination de toutes les formes de criminalité dans la région.
ATOP/KYA/AJA






